mai 23

UKIP a la gueule de bois malgré sa victoire politique

UKIP, le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, constitue l’illustration de la difficulté des victoires relatives. Il manque toujours un petit quelque chose pour que personne ne puisse les remettre en cause… Premier parti lors du scrutin européen de juin 2014, avec 27,5 % des voix et 24 élus au parlement de Strasbourg, le parti eurosceptique n’a pas réussi à confirmer lors des élections générales du 7 mai dernier. Il arrive certes en troisième position, capitalisant quatre millions de voix et 12,6 % des suffrages mais n’obtient qu’un membre du Parlement. Résultat des courses, UKIP, fondé en 1993, après le traité de Maastricht, est aujourd’hui secoué par de violentes tensions internes.

le référendum anti UE, vraie vicvtoire de UKIP

Le système électoral britannique est un scrutin majoritaire à un tour. Dans chaque circonscription, seul le candidat qui a le plus de voix l’emporte. Arriver en deuxième position dans plus de cent circonscriptions, comme cela a été le cas pour UKIP, ne sert à rien. « Il y a beaucoup de votes UKIP, et beaucoup d’électeurs vont être en colère et ne vont pas se sentir représentés, a estimé Nigel Farage, leader du parti, au lendemain du scrutin. Notre système est biaisé. »

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mai 21

Au PS, vote des motions sans émotions

C’est donc jour de vote au Parti socialiste. Ce jeudi 21 mai, de 17h à 22h, les 130 000 adhérents revendiqués par la rue de Solférino vont devoir départager les quatre motions en lice. Personne, encore moins en politique, n’est à l’abri d’une surprise. Mais la seule vraie inconnue demeure la participation. Elle seule décidera de l’ampleur de la victoire de la motion A, menée par Jean-Christophe Cambadélis. Malgré une campagne dynamique et offensive, pour les « frondeurs » regroupés au sein de la motion B, l’enjeu est de parvenir à approcher les 30 %, un score que la gauche du PS n’a pas dépassé depuis le congrès du Mans en 2005, époque où Laurent Fabius bénéficiait du soutien de Jean-Luc Mélenchon.

Le premier secrétaire du PS a mené, seul, le congrès de son parti

Le premier secrétaire du PS a mené, seul, le congrès de son parti

Les jeux semblent donc faits. Jean-Christophe Cambadélis a mené sa stratégie de congrès à terme, en évitant le débat public auquel le conviait, pourtant, le chef de file de la motion B, Christian Paul. Le premier secrétaire sortant n’a eu de cesse, dans la foulée de ce qu’il a réussi à faire lors des états-généraux du PS, que de déconnecter le contenu du congrès de la politique du gouvernement, ce qui lui a permis d’amalgamer autour du même texte Martine Aubry et Manuel Valls, l’éco-socialisme et le libéralisme social.

L’enjeu pour la motion Cambadélis est de parvenir à dépasser les 50 % des votes ce soir. Contrairement à ce que les commentateurs annoncent, un score inférieur ne serait pas forcément un désaveu de la politique menée par Manuel Valls. De facto, les motions C et D n’ont pas émis de critique sur ce point, se contentant de demander une évolution du Parti socialiste. La majorité absolue au premier tour est surtout le gage que Cambadélis soit enfin élu par les militants comme premier secrétaire du PS. C’est pourquoi il bat le rappel pour s’assurer la participation d’au moins 70 000 votants ce soir.

parti-socialiste

La motion B a perdu l’occasion de gagner le congrès de Poitiers quand Benoît Hamon a estimé, dans la presse, que François Hollande pourrait ne pas être au second tour de la présidentielle de 2017. Ce qui se voulait un avertissement fraternel, une invitation à la réflexion, n’a eu comme effet que de brusquer ceux des socialistes qui militent encore, sans avoir d’enjeu particulier. L’adhérent socialiste est plus que d’autres légitimistes. Et lui annoncer que son président pourrait être battu au premier tour n’est pas le meilleur moyen pour s’en faire entendre. Par ailleurs, la désignation de Christian Paul, député de la Nièvre, ancien proche de Montebourg, comme premier signataire de la motion laisse aussi à penser que les jeux étaient faits depuis le départ.

Certes, le choix de Christian Paul permet de neutraliser les deux candidatures « naturelles » au chef de filât de la gauche du PS : Benoît Hamon et Emmanuel Maurel, en évitant un affrontement fratricide. Mais si les deux ont pu renoncer aussi facilement, ce n’est pas qu’à cause de leur grandeur d’âme. C’est parce qu’ils se doutaient que le congrès était ingagnable par la gauche cette année encore. Il ne leur reste plus qu’à entacher la légitimité de la victoire annoncée de Cambadélis en évoquant, déjà, de possibles fraudes.

Nathanaël Uhl

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Bonus vidéo : The Smiths « I Know It’s Over »

mai 19

Le SNP, roi du pétrole, loin du grand soir

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, un nouveau blog est né. Il s’agit de Grey Britain, dans lequel Silvère Chabot décrypte l’actualité politique de Grande-Bretagne, après les élections générales du 7 mai dernier. J’ai le plaisir de l’y aider. Voici le premier article que nous avons co-écrit.

Depuis le référendum sur l’indépendance écossaise, le Scottish National Party (SNP) attire tous les regards. Et son raz-de-marée aux dernières élections générales a fini de faire émerger sur la scène internationale ce vieux parti, autrefois classé au centre droit, positionnement relativement proche du Parti nationaliste basque. Les progressistes, singulièrement, se prennent d’affection pour le SNP et sa charismatique leader Nicola Sturgeon. Ses deux parlementaires européens siègent d’ailleurs au sein du groupe Verts/Alliance libre européenne. Mais qu’en est-il réellement ?

D’abord, quelques faits. Plus de 115.000 adhérents, 64 députés à la chambre en Ecosse, 56 élus sur 59 au Parlement britannique, 400 élus locaux, 2 % de la population membres du parti. Des chiffres qui laissent rêveur.

La cheffe du SNP indique la sortie au patron du Labour Miliband.

Pour autant, la comparaison avec d’autres courants politiques est à user avec prudence. Le SNP n’est pas plus Syriza que Podemos. Son orientation est revendiquée comme plutôt sociale démocrate, ce qui peut être considéré comme un progrès relatif de la part d’une structure qui évoluait plus au centre il y a quelques décennies. […]

La suite se lit ici.