Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;
  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;
  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;
  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Acte 1 scène 2

Jean-François C. est assis à son bureau en mairie de M. ; il appelle un correspondant depuis son téléphone portable. Sur l’autre partie de la scène, séparée par un rideau, François H. assis devant un bureau dans la bonne ville de T., répond à un appel téléphonique. Un éclairage sur chacun des deux protagonistes.

Jean-François C. (le ton est en proie à l’agacement, à la limite de la panique) :
Non mais ! Ça suffit comme ça ! Tu es où ? Ça fait une semaine que personne, ou presque, ne t’a vu !

François H. (tel un enfant pris les doigts dans le peau à confiture) :
Jef… j’ai peur. Ils me font tous peur ! Je t’avais pourtant dit que je ne voulais pas y aller.

Jean-François C. :
Tu ne vas pas recommencer avec ça. Dominique ne pouvait pas y aller, à cause de l’autre nain, là. Alors, c’est toi et ça suffit.

François H. :
Je ne veux pas ! Je ne peux pas ! Ils veulent un candidat de gauche et je…

Il roule en scooter, c'est de gauche

Jean-François C. (il le coupe) :
Tu ne l’es pas, je sais ! Mais tu vas le devenir. C’est quoi ton problème François ? Pourquoi tu disparais comme ça ? T’as vu les sondages ce matin ? Selon Métro, tu perds un point et demi !

François H. :
C’est plus possible, Jef. D’abord, y a la verte, là, Éva Joly, qu’arrête pas de m’embêter. On était pourtant tombés d’accord avec Cécile. Mais la juge, elle est folle. Elle croit que les accords, c’est fait pour être respectés.

Jean-François C. :
François, écoute-moi. Tu es le candidat de toute la gauche. Tu dois te montrer gentil avec les écolos. Déjà, c’est bien, tu as arrêté les conneries avec le Front de Gauche.

François H. (s’agace) :
Ne me parle pas de ces salauds ! Tu sais comment ils m’appellent ? Hollandreou !

Jean-François C. :
Bon écoute, tant que tu continueras à ne pas m’écouter et à parler de « donner du sens à la rigueur »… non seulement, ils vont continuer mais ça va s’aggraver. Je t’ai pourtant dit que tu dois être un candidat de gauche sinon notre plan est foutu.

François H. :
Mais… Je ne suis PAS de gauche moi !

Jean-François C. :
Je le sais. Dans notre milieu, tout le monde le sait. Mais essaie ! Je sais pas moi, fais une belle sortie sur…

François H. :
Le droit de vote des étrangers ! On l’a voté au Sénat ! T’as vu ? C’est de gauche ça, hein ?!

Jean-François C. :
Heu… oui. Mais, tu voudrais pas t’occuper un peu des ouvriers aussi ?

François H. (ferme pour une fois) :
Non ! Ils sont sales, ils sentent mauvais. Et puis Terra Nova a dit qu’il fallait laisser tomber.

Jean-François C. (extrêmement agacé) :
Ne me parle pas de ceux-là ! Ils sont pires que nous ! A cause d’eux, c’est la grosse blonde qui récupère tout ! Si elle passe, tu peux me croire, toi et moi on est foutus pour des siècles. Adieu ma révolution conservatrice, elle va nous faire la Révolution nationale ! Donc, tu retournes voir les ouvriers, fais-moi un joli déplacement dans le Pas-de-Calais.

François H. (paniqué) :
Je peux pas ! Ils vont me taper ! T’as pas fait gaffe à ce qu’a dit Montebourg ? C’est tous des corrompus, ils ont même viré Jack Lang.

Jean-François C. :
Ben écoute… Nous, on a Takieddine, le Karachigate, Woerth-Béttencourt et, maintenant, l’affaire Relais et Châteaux. Tu vas pas m’emmerder avec tes conneries de Pas-de-Calais et des Bouches-du-Rhône. Mets le petit marquis de la Saône et Loire en avant et laisse retomber le soufflet. Parce que, avec tes absences, j’ai été obligé de sortir mon marquis à moi de la naphtaline.

François H. :
Qui ?

Jean-François C. :
De Villepin pardi. Pfffff… Tu vois, je fais vraiment tout pour que le nain de l’Élysée ne soit pas au 2e tour mais que tu tombes face à Marine. Alors, s’il te plaît, reprend-toi.

François H. :
Je vais essayer Jef… Je te promets. Mais c’est dur. Moi, je croyais que la politique, c’était deux bons mots et hop… Élu. C’est comme ça que je me suis retrouvé à la tête du PS.

Jean-François C. :
Tu me désespères François… Je fais tout pour toi et toi, tu me chies dans les bottes. Tu veux vraiment pas me faire un discours de gauche s’il te plaît ?

François H. :
Je sais pas… Je veux te faire plaisir, évidemment. Mais, là, c’est dur pour moi.

Jean-François C. :
Alors, je te le redis : « Article 1 de la communication politique : ce qui compte, ce n’est pas la réalité ; c’est la manière dont les gens la vivent. Les gens sont persuadés que tu es de gauche et les médias se chargent de convaincre les récalcitrants. Donc… » Donc, tu arrêtes de faire porter ta voix par Manuel Valls et tu me fais un vrai discours de gauche.

François H. :
Bon, je vais essayer. Je vais mettre… Aubry ! Sur le coup.

Jean-François C. :

Pffffffff… (Il raccroche, écœuré.)

———————————————

Bonus vidéo : Oberkampf « Poupée de cire »