Bien malin qui sait déjà combien nous serons demain, entre Nation et Bastille affichant notre fierté de construire et de faire vivre le Front de Gauche. Cela devient une routine à chacun de nos rassemblements. Conscients de nos forces militantes, qui demeurent la base de notre organisation commune, nous partons sur une projection. Laquelle finit toujours par être dépassée. A Clermont, on attendait 6 000 personnes, nous avons fini à plus de 8 500. Et même quand le candidat n’est pas là, c’est pareil, les scores explosent.

Vu que la météo n’a pas l’air trop menaçante, vues les dernières déclarations du candidat dit « socialiste » à notre sujet (entre condescendance affichée et vrai mépris de classe), en prenant surtout en compte la réalité du combat de classes en ce moment… je me dis que nous autres, les camarades mobilisés sur l’organisation et le service d’ordre, allons avoir une sacrément rude journée. Oh ! Je ne me plains pas, bien au contraire.

Je ne souhaite qu’une seule chose, c’est que ce Front de gauche, qui n’est déjà plus – et depuis plusieurs mois maintenant – un cartel d’organisations politiques, soit encore dépassé par l’implication citoyenne, l’irruption du peuple dans la vie politique. J’écrivais ailleurs que le Front de Gauche ouvrait la voie aux sans voix. Je ne peux que savourer mon plaisir quand je vois des centaines, des milliers, de femmes et d’hommes, de tous âges et de toutes conditions, s’engouffrer dans cette voie, avec issue sur un renouveau profond et durable de la politique.

Je ne tente pas de vous convaincre pas plus que je ne pratique la méthode Coué. Je n’en reviens pas moi même : cette semaine, plusieurs amis proches et membres de ma famille m’ont affirmé qu’ils voteront pour le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon. Et pourtant, rien ne les y prédisposaient, ni les uns ni les autres. Chacun a sa raison. Il y a mon ami, chef de sa petite boîte de production audiovisuelle, qui songe à présent à la transformer en société coopérative ouvrière de production (SCOP) après avoir observé et rejoint le mouvement lancé par Eric Cantona contre les banques. Il y a la responsable d’une bibliothèque en banlieue. Un troisième, acheteur dans un grand groupe industriel flirtant avec le nucléaire, me demande de prendre sa procuration, en sachant pour qui je vote…

Je pourrais, toi aussi ami lecteur si tu fais campagne tu pourrais, ajouter des exemples à cette petite liste qui n’a d’intérêt que parce qu’elle montre la diversité des cas. Comme le dit mon amie Laetitia Suchecki, candidate pour le Front de Gauche aux législatives dans la 9e circonscription des Français de l’étranger, notre électorat est sacrément composite. Et c’est ce qui lui donne sa vocation majoritaire. Nous avons explosé le stade de l’entre-nous, dépassé le cap du rassemblement de la gauche radicale. Bienvenue sur la route vers l’appropriation populaire du front de gauche.

Demain, aux environs de 15 heures, nous aurons un premier aperçu de ce qui peut renvoyer à la grande fête des Fédérés du 14 juillet 1791, qui a vu le peuple de tout le pays faire sien ce qui aurait pu n’être qu’une révolution parisienne de plus.

Permettez, je suis sur mon blog donc je fais ce que je veux et sors de la voie vers demain quelques instants. Je me souviens d’un froid soir de février 2009 à Montreuil, ce qui n’était pas encore la FASE nous invitait à « nous fédérer ». Membre du jeune Parti de Gauche, j’avais répondu, curieux, à l’appel. Bon, nous sommes trois ans plus tard. Et, demain, sur cette place de la Bastille, avec en tête la mémoire des Communards, nous ferons de cette invite, « fédérons-nous » une réalité non plus de militants mais de citoyens. Et à l’échelle de la nation, s’il vous plaît.

A demain donc. Il y a peu de chances que l’on se voit, vue l’ampleur de l’assemblée attendue. Mais pensez à moi comme je penserai à vous.

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Bonus vidéo : 10 Rue D’la Madeleine « Vive La Commune »