Les militants syndicaux sont ceux qui démontent les fausses « bonnes recettes », mettent en lumière les vices du système, proposent des alternatives concrètes. C’est pour cela que la bourgeoisie nouvelle, les gavés du CAC 40, les fonds de pension déchaînent contre eux une violence sans égale. C’est leur Talon de fer qu’ils veulent enfoncer dans le crâne des nôtres. Dans cet affrontement politique décisif, c’est l’honneur de la gauche que de défendre les combattants du bien commun, les militants du mieux vivre, les guerriers du partage des richesses.

Martine Billard avec les Fralib

C’est ce que j’écrivais dans les colonnes de Médiavox, à l’occasion du rassemblement organisé par le Front de Gauche le 27 février devant le Sénat. Nous y étions rassemblés pour défendre une loi d’amnistie en faveur des militants syndicaux, écologistes, alter de toutes natures, qui se battent contre les fermetures d’usine, pour le maintien et le développement de l’emploi. Cette loi a été adoptée par la haute Assemblée mais pas encore par le parlement. En attendant, le patronat poursuit ses attaques contre l’élite de la classe ouvrière.

Ainsi, demain, Gérard Cazorla, secrétaire du Comité d’entreprise de Fralib, est à nouveau trainé en justice par Unilever. Répondant à l’appel de mi hermano l’Ibère en exil, je vous invite à nous retrouver pour défendre un des nôtres :

Mardi 2 avril à 13 heures
devant le tribunal de Nanterre

Gérard Cazorla, secrétaire du CE de Fralib

Ensemble, nous défendrons notre camarade parce qu’il incarne la lutte des salariés de Fralib pour faire vivre leur activité. C’est la troisième fois qu’il est convoqué devant les tribunaux d’une justice au service de l’oligarchie, à l’initiative d’Unilever. Cette fois-ci, explique mon ami François Longérinas, il est poursuivi pour diffamation et pour avoir « sali l’honneur » d’Unilever. En français, il est traîné devant la Justice pour avoir dit la vérité sur les pratiques du groupe. Un comble quand on sait que géant de l’agro-alimentaire se moque de la justice de notre pays et de la manière dont il traite les salariés en lutte depuis 915 jours en les menaçant et en exerçant sur eux un chantage odieux.

Comme le relève mon ami Franck Boisssier en dressant l’historique de l’affaire :

Unilever ce sont ceux qui, depuis plus de de 2 ans, veulent délocaliser de Géménos (Bouches-du-Rhône) la production du thé Eléphant. Pour de petites raisons de simple calcul de petits sous. Retranscrit dans une boîte de 25 sachets de thé ou d’infusion, la masse salariale (Salarié-e-s et dirigeants) n’est aujourd’hui que de 16 centimes d’euros. En voulant exporter la production vers d’autres pays, ou les salarié-e-s ne seront pas mieux traité-e-s, Unilever cherche à économiser moins d’un centime par sachet de thé ou d’infusion.

Avec les Fralib de la résistance à l'alternative

Les salariés – eux – sont engagés dans un projet de reprise de leur propre activité au travers d’une Société coopérative ouvrière de production, une SCOP, soit un des outils ouvrant la voie à l’autogestion. Les bases de ce travail ont été évoquées dans le cadre du premier Séminaire ouvrier, porté à la connaissance de tous dans un livre qui a été le best seller du congrès du Parti de Gauche. Pas besoin d’être extralucide pour faire le lien entre ce travail précis, sérieux, conséquent d’ouverture d’une alternative économique au libéralisme et les poursuites judiciaires dont fait l’objet notre camarade Gérard Cazorla. Raison de plus pour se rassembler autour de lui et, par là, des Fralib ce mardi 2 avril.

Les Fralib sont devenus, depuis 2010, le symbole de la classe ouvrière qui combat, le symbole du refus de la fatalité, le symbole qu’une alternative est possible. Je veux croire que ce rendez-vous sera l’occasion d’une nouvelle convergence des entreprises en lutte : de PSA à Presstalis.

(Photo : theLeon Vitali)
(Photo : theLeon Vitali)

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bonus vidéo : Billy Bragg « To Have And To Have Not »