Une fois de plus, le Front de Gauche a fait salle comble, mardi 24 janvier. C’était à Besançon, cette fois et j’y étais, pour une fois. Le compte rendu du meeting a été écrit par plusieurs plumes parmi les meilleures. Si vous ne l’avez pas lu encore, je vous invite à lire le papier que j’ai rédigé pour le site du Parti de Gauche. Ici, je vais plutôt vous parler de la préparation de ce meeting, de ses coulisses.

Dans le staff de campagne, c’est Gabriel Amard qui a la responsabilité des événements. Quand il m’a demandé si j’étais disponible pour aider à Besançon, j’ai dit « oui ». Résultat des courses, par la grâce d’un retard de trente minutes de mon train, j’arrive au Palais des sports de Besac à onze heures ce mardi matin, pour un départ à 7h27 précédé d’un lever à 5h30. Pour moi qui suis tout sauf un matinal, difficile de faire pire. Bref, il est cinq heures et demie plus tard, Gabriel me donne les consignes en buvant un café. Je suis à la disposition d’Emmanuel Girod et des camarades du Doubs qui constituent la cheville ouvrière de notre organisation ce jour de meeting. Les copains Bisontins ont les traits creusés, les yeux gonflés de fatigue mais de l’énergie à revendre. L’heure est à la mise en place des stands du village militant : du Front de Gauche, du Parti de Gauche, du Parti Communiste, des Alternatifs et des associations locales qui ont tenu à être présentes. Nous ne sommes pas une dizaine à cette heure mais le travail est abattu. Régulièrement, l’alerte sms des téléphones retentit. On se transmet ainsi infos, consignes, questions-réponses.

Dernier moment de calme de la journée

Dans la grande salle, le travail est plus pointu. Outre la scénographie décidée avec Gabriel, les équipes de l’agence Pellicam mettent en place les outils techniques pour assurer la retransmission en direct du meeting sur le site de la campagne. Comme chez les militants, on sent la volonté de bien faire. Moi qui les connaît bien par ailleurs, je n’ai aucune inquiétude ; les Pellicam Boys connaissent leur affaire. Le soir, au pic de fréquentation, les serveurs supporteront plus de 4 000 connections simultanées. Chapeau bas ! Mais ne brûlons pas les étapes.

Pendant que, sur le futur stand Front de gauche, je me bagarre avec affiches et scotch sur ces fichues tables au revêtement plastique sur lequel rien ne tient, ça court. Les amis de Besac ont mis la dernière touche à la décoration de la salle : extérieurs comme intérieurs. Ça en jette, sérieusement. Du travail de pro mené par des militants. Il est déjà 13 heures passées, tous les stands sont en place. Dans 50 minutes, d’autres bénévoles vont arriver, fallait que ce soit prêt. Avec Emmanuel Girod, on prend 15 minutes pour avaler un sandwich et un perrier en dressant la liste des camarades qui vont escorter notre candidat ce soir. Étant membre du service d’ordre du PG, je vois le genre de profil dont nous avons besoin pour cette tâche, je fais partager à Manu qui hallucine légèrement quand je lui réclame des jeunes femmes.

Le staff technique s'apprête pour la diffusion en streaming

Le temps de griller une clope et retour au Palais des sports. Gabriel et Emmanuel ont décidé de ma tâche pour le début d’après-midi. Je vais faire, avec d’autres, les kits militants que les participants au meeting du soir emporteront avec eux : 10 quatre pages programme ; 20 autocollants « Présidons, Mélenchon 2012 ». Nous sommes équipés pour en réaliser 1 600. Ce doit être fini à 16 heures. Heureusement, Brigitte Blang, venue de Moselle ; des amis du Jura ; des camarades communistes viennent nous aider. On va pouvoir tenir le timing. Pas de tâche ingrate dans le Front de Gauche. Chaque petit geste a son importance pour que le meeting se déroule au mieux. A côté, l’atelier sandwich, pour les équipes militantes autant que pour la buvette, ne désemplit pas.

Mais il faut que je délaisse la réalisation des kits quelques instants. Cette fois, c’est pour récupérer les livres amenés par train le matin même pour les mettre à disposition de la librairie. L’autre, ce sera plus définitivement pour basculer sur le SO. Les premiers journalistes arrivent, d’un côté ; les bénévoles continuent de nous rejoindre de l’autre ; il faut filtrer tout ça ; orienter chacun pour que tout le monde puisse faire son boulot. Manque de bol, il pleut mais je peux fumer, vu que je suis dehors.

Brigitte Blang, membre du BN du PG, fait des kits militans

Baptiste et un autre camarade arrivent avec les bouteilles d’eau nécessaires. Benoît me remplace à la porte le temps que j’aille prendre connaissance du trajet que fera le candidat dans la foule quelques heures plus tard. Gabriel nous fait part des deux options possibles. On va croiser les doigts pour que Jean-Luc, Clémentine et Pierre aillent directement sur la scène, sans faire de pause dans les gradins.

Retour à mon poste, Benoît reprend l’accueil de la presse. Mathieu court dans tous les sens, Manu lui court après. C’est drôle. On sent pourtant que les nerfs sont à cran, chaque minutes qui nous rapproche de l’ouverture des portes un peu plus. 18 heures : la conférence de presse commence. Ça ne se passe pas mal malgré les pièges que tentent de poser certains. En même temps, les plus virulents de nos détracteurs ne sont pas venus. Les ouvriers, thème de la journée de campagne du Front de Gauche, ce n’est pas trop leur tasse de thé.

18h30 la salle est encore vide

Nous, on en est au café. Mon dixième, faut tenir. J’ai abandonné la ruche militante au moment où les portes s’ouvrent. Je suis dans le couloir qui dessert les loges. On attend. 20H20, nos trois orateurs sortent. On y va. Les couloirs sont pas si longs. J’aurais aimé qu’ils durent un peu plus, on y était tranquilles. Parce que là, escorter un Mélenchon radieux, chez lui, au milieu d’une foule compacte de 4 500 personnes… Rien que d’y repenser, j’en ai les larmes aux yeux de bonheur.

10 minutes avant l'entrée des orateurs, j'ai pas pu résister.

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Bonus vidéo : HK & les Saltimbanques « On lâche rien »