C’est peu de dire que j’angoissais pour ce concert de Death In Vegas. Après plus de 5 ans de silence, mis à part un live et un Best Of, j’avais ma place pour le concert au Trabendo annoncé en mai. Concert finalement reporté à ce 1er novembre, lendemain de la Fête des morts, au Bataclan. Et alors que le nouvel album sort juste.

Bataclan 2011, nov. 1st

La salle est comble, plus de places. Pourtant, on n’est pas vraiment serré. Tant mieux. Accoudé au bar avec mon ami Philippe, je sirote un perrier, puis deux, pour me mettre dans l’ambiance pendant que la première partie me laisse un tantinet songeur. J’ai dû rater quelque chose mais je ne le saurais sûrement jamais, ayant oublié jusqu’au nom du groupe. Shame on me.

21 heures sonnent. Les premiers beats retentissent dans l’obscurité. Le combo de Richard Fearless et Tim Holmes profite à fond des vertus de l’électronique. Les boucles se répandent dans la salle déjà transie. Puis, un à un, les cinq musiciens prennent leur place alors que le rythme s’accélère. D’emblée, ça cogne. Le mid tempo  de rigueur va plomber la soirée. Les guitares s’enroulent autour des loops pour rayer le plomb numérique. L’ambiance est lourde. La salle retient son souffle. De ci, de là, quelques téméraires osent un hochement de tête approbateur alors que la batterie tape de plus en plus fort, joie de la percussion analogique.

Déjà longs sur album, les titres s’étirent comme autant de coulées de lave au fil des effets improvisés des deux à trois claviéristes. De temps en temps, quelques chants, préenregistrés ou susurrés – Richard Fearless n’a pas, à dire le vrai, le charisme ravageur d’un Dave Gahan, au hasard  – viennent aérer l’atmosphère. Faut reconnaître que de leurs origines électro, les gars de Death In Vegas ont gardé le goût de la discrétion, cachés derrière leurs machines ou leurs instruments. Même les jeux de lumières les mettent souvent à contre-jour. Rappel : c’est la musique qui importe, pas ceux qui la portent.

Au fil de ces mélopées numériques mâtinées de larsens rock, quête du bruit blanc, la transe envahit la salle peu à peu. Les corps se relâchent en même temps que l’esprit s’abandonne. J’en oublie même mon fidèle blackberry dédié au live tweet. Puis « Aïsha », avec Richard à la place d’Iggy Pop aux vocalises inquiétantes, prend chacun à revers, frappant au ventre tel un boxeur décidé à obtenir le KO. Le martèlement robotique produit son effet au long des minutes que nul ne songe à compter. A la fin, un anonyme résume : « Hey Guys, « Aïsha » was fucking great ».

Bataclan, Paris - 2011, nov. 1st
Reaching the white noise

A l’heure du rappel, c’est le somptueux autant que fédérateur “Your Hands Around My Throat” qui percute l’assistance conquise. L’excellence du son aidant, les membres s’emballent, l’émotion gagne. Puis… Plus rien. Le set est ramassé, dense jusqu’à l’extrême, mais si court. Il est 22h25. En gagnant le métro, il me reste sur l’estomac un sentiment d’insatiété. Je pensais que la fin du monde durait plus longtemps.

Site officiel de Death In Vegas

 

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Article lié: dEUS @ Trianon, Paris – 2011, oct. 24 – live report