Reprise de mon édito hebdomadaire pour Médiavox.

A Florent, Julien, David

C’est l’événement de la semaine. Et il reste à venir. Non, je n’évoquerai pas le tweet infâme de l’Elysée conviant les vautours à se faire une ventrée des restes du patrimoine de la Grèce. Je ne parlerai pas plus du lapsus du parti socialiste à propos des hausses d’impôts. L’événement de la semaine reste à venir : c’est le clasico ! La confrontation tant attendue de tous les supporters entre le Paris-Saint-Germain dopé aux hormones de croissance qatari et l’Olympique de Marseille.

PSG-OM

Il n’y a de match dans l’année que celui-là. Pour le supporter de chaque club, même si le résultat à l’issue du championnat est contraire aux attentes, la victoire face à l’Adversaire suffit à faire oublier une saison médiocre. Parce que, les lecteurs de Nick Hornby le savent mieux que les autres, être fan d’une équipe de football, c’est d’abord de la souffrance. Cette souffrance des résultats contraires à l’image de ce triste 0-1 concédé – au Vélodrome – par mon équipe de cœur face à un piteux Nancy.

Etre supporter, c’est cela : la litanie des revers, des désespérants matchs nuls concédés à Evian-Thonon-Gaillard, des expulsions de joueurs sur une faute imaginaire… sur fond de froid glacial dans les travées de stades hostiles ou devant le couplé pizza froide et bière chaude pour ceux qui n’ont de choix que de regarder le match à la télé. C’est un plaisir masochiste. Mais dont la récompense éclate, une fois de temps en temps, avec le miraculeux titre. Mais, au fond de lui, le supporter se reconnaît à ce qu’il soutient son club même relégué en division inférieure.

Tifo Marseille

Donc, dimanche, mon équipe va défier le Paris-Saint-Germain dans son parc des Princes. J’ai déjà l’angoisse du résultat. Mais je tiens le choc, bravache, et réponds aux provocations de mes amis supporters parisiens par une provocation plus grande encore. J’ai même changé ma photo de profil sur facebook et sur twitter.

Bien sûr, les footballeurs sont surpayés. Mais trouvez-moi un autre pan de l’économie capitaliste dans lequel les travailleurs gagnent plus que les actionnaires ! Bien sûr, le football a bien la forme d’un moderne opium du peuple. Mais trouvez-moi un lieu où la mixité sociale est plus réelle que dans les tribunes du stade Bollaert ou du Vélodrome. Bien sûr, l’arrêt Bosman a ouvert la voie à la dérégulation du marché du travail en Europe. Mais trouvez-moi aussi enthousiasmant qu’une victoire de votre équipe quand tout va mal !

But OM

Il y a de l’intelligence dans la grande majorité des supporters de football. Ils savent que leur passion est un dérivatif, puissant certes mais qu’un dérivatif. L’essentiel est ailleurs. Les Anglais, qui nous ont offert ce jeu magnifique aux allures de chorégraphie quand il est bien exécuté, nous ont aussi offert les syndicats et les mélodies les plus intéressantes du rock n’roll. Voici bien le triptyque d’une vie bien remplie : le foot, le rock, l’action syndicale.

A dimanche donc et allez Marseille !

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Bonus vidéo : The Undertones « When Saturday Comes »