« C’est la guerre à mort / Eux l’ont déclenchée
mais nous, je vous jure que nous la finirons /
Même si pour ça on doit faire des heures supplémentaires /
Et même le dimanche éventuellement »
(Haine Brigade)

 

Nous sommes passés d’un avis de tempête à un avis d’ouragan (…) Certains patrons sont en état de quasi-panique.

Cette phrase est signée Laurence Parisot, présidente de ce courant de l’UMP qu’est le MEDEF. La « patronne des patrons » a livré sa feuille de route dans un entretien accordé au FigaroProfitant du « renoncement » du résident de la République sur la « compétitivité » et la « baisse du coût du travail », elle enfonce le clou et poursuit son offensive idéologique. Sa méthode s’apparente rien moins qu’à l’offensive de Guderian sur la France en juin 40. Ne trouvant en face d’elle aucune résistance, elle a tout loisir d’avancer ses pions dans la guerre de classes.

Pendant ce temps-là, les plans sociaux s’amoncellent. La liste s’allonge tous les jours. Voici les plus marquants et désolé pour celles et ceux que j’oublie :

PSA : le plan de restructuration du groupe prévoit 8 000 suppressions de postes en France et la fermeture de l’usine de production d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014. Au total, PSA prévoit donc de supprimer 9 900 postes et pas moins de 7 450 emplois directs. Un chiffre qui ne prend pas en compte les intérimaires et les sous-traitants.

Arcelor-Mittal : Après huit mois de conflit, les presque 2 700 métallurgistes du site de Florange, dont un peu plus de 500 sont affectés aux deux hauts-fourneaux – les derniers de Lorraine – arrêtés depuis juin et octobre 2011, n’en peuvent plus de l’incertitude et seraient prêts, selon certains militants, à basculer dans un conflit plus violent.

Sanofi : Début juillet, la direction du groupe pharmaceutique a annoncé un plan d’amélioration de sa productivité. Son objectif: réaliser 2 milliards d’euros d’économies. Aux dernières nouvelles, le gouvernement se vante d’avoir obtenu que les suppressions d’emploi se fassent sur la base de « départs volontaires »,900 postes seront supprimés. A noter que le groupe Sanofi a engrangé 8,8 milliards d’euros de bénéfices l’an dernier. Au premier trimestre, son résultat net, c’est-à-dire ses bénéfices, s’élevait à 2,44 milliards d’euros, en hausse de 12,5 %.

Doux : Le 1er juin, le leader européen de la volaille a été placé en redressement judiciaire. Il emploie 3 400 salariés et il est coutume de dire qu’un emploi direct de ce poids lourd de l’agroalimentaire induit trois emplois externes… En deux mois, 400 emplois ont déjà été détruits et les offres de reprise laissent augurer de nouveaux envois de salariés à Pôle Emploi.

Neo Security : la reprise de cette société de gardiennage, placée en redressement judiciaire le 18 juin, s’est soldée par 400 licenciements.

SFR et Bouygues : SFR a lancé début juillet sa réorganisation stratégique. Le 2e opérateur français prépare un plan de
« départs volontaires » qui pourrait supprimer 
jusqu’à 2 000 emplois. Quant à Bouygues Telecom, il a lancé un plan de départs volontaires qui concerne 556 salariés.

Air France : Air France a présenté le 21 juin les modalités de son plan Transform 2015. Verdict : 5 122 emplois devraient être supprimés d’ici à la fin 2013, sur un total de 49 301. Soit environ 10 % des effectifs.

Petroplus : Le Tribunal de commerce de Rouen doit se prononcer mardi 16 octobre sur l’avenir du site de Petit-Couronnes et son millier d’emplois directs et indirects.

Castorama : le 27 septembre, le Comité central d’entreprise du groupe Castorama a lancé la procédure de droit d’alerte. Les syndicats ont découvert un document interne faisant état, selon eux, d’un plan de suppression de 1 167 postes d’ici à 2014.

Fram : le voyagiste annonce 65 suppressions d’emplois.

Conforama : Le plan social d’enteprise proposé par Conforama prévoit, outre la suppression de 288 emplois, la fermeture de sept centres de service après-vente sur douze en France. Le Plan a été annulé par le Tribunal de commerce de Meaux le 28 septembre.

Et je ne parle pas des Rotos 93, des Licenci’elles, de Selvenord, d’Air Liquid, Paris-Normandie, Continental Nutrition, Still Saxby, Carrefoir, la FNAC, Visteon, la SNCM, Technicolor, Prestaliss, Organin, Rio Tinto, Fralib…

Dans cette période, c’est clair : les bénéfices augmentent ; les dividendes versés aux actionnaires grimpent, annoncés à + 5%  l’an prochain… Mais c’est aux salariés que le patronat fait payer l’addition. La guerre de classes se poursuit et notre ennemi, c’est bel et bien le patronat. Auquel je propose de répondre par « expropriation » et « socialisation des moyens de production ». Si seulement « certains » patrons se sentent « en panique », c’est bien parce que le gouvernement fait preuve d’une complaisance coupable à leur endroit.

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Bonus vidéo : La Rumeur « Ecoute le sang parler »