L’austérité… Que n’a-t-on entendu de conneries accolées à ce mot. « Inévitable », « nécessaire », « transition vers mieux »… Nous n’avons, au Front de Gauche, cessé de dénoncer les médecins assassins qui prônent l’austérité pour tous, sauf pour le capital. Nous avons rappelé, à chaque fois, que – même dans le système capitaliste – elle faisait plus de mal que de bien. Que de quolibets ont plu sur nos têtes dures pour qualifier notre position. J’attends les mêmes aujourd’hui quand l’Insee et même le FMI nous donnent raison. Ainsi, jeudi 6 décembre, l’Insee, qui n’est pas franchement un repaire de gauchistes, publiait :

Les politiques budgétaires restrictives engagées depuis début 2011 par les gouvernements des pays européens ont grevé leur activité économique, retirant à elles seules 0,6 point de croissance à la zone euro en 2012.
Cet impact négatif est dû à la fois directement aux mesures d’économies et aux hausses d’impôts engagées dans chaque pays et à celles mises en œuvre chez leurs principaux partenaires commerciaux via le canal du commerce extérieur. Mais ce deuxième facteur est beaucoup plus faible.

Sans vouloir faire le mariole, le 4 janvier dernier, j’expliquais, au travers de la proposition de TVA sociale, devenue aujourd’hui hausse de la TVA tout court, comment l’austérité tuait le malade France :

En France, le secteur industriel pèse seulement 12 % du PIB. La balance commerciale est chroniquement déficitaire depuis que la droite est au pouvoir, malgré les ventes d’armes. Le moteur de la croissance française reste la consommation des ménages. Que la TVA sociale va asphyxier.

Mais il ne suffit pas d’avoir raison dans l’analyse, il faut avoir des propositions. Le Front de gauche en a et, singulièrement, le Parti de gauche. Nous avons présenté, il y a quelques temps, un contre budget face à celui d’un gouvernement aux ordres du Medef. Je vous invite à le lire et, pour vous donner quelques idées, voici son préambule :

Face à la crise, notre budget comprend que l’investissement et le partage des richesses sont les seules sources d’une relance de l’activité et de l’assainissement des finances publiques. Il instaure immédiatement une dynamique macroéconomique favorable à l’emploi et rassurant les productifs et non les spéculateurs. Il est accompagné d’une nouvelle politique du financement des entreprises, et notamment des facilités de crédit pour les PME permettant de les aider à financer leurs besoins en fonds de roulement.
Sans faire de la lutte contre le déficit un objectif, notre budget réduit toutefois celui-ci mécaniquement. En effet, notre budget rapporte 30 milliards d’euros de plus qu’il n’en coûte. Contrairement au budget austéritaire de Jean-Marc Ayrault, le nôtre est juste et efficace économiquement.

Dans la foulée du programme que nous avons défendu durant l’élection présidentielle, l’Humain d’abord, nous préconisons une « révolution fiscale » avec un renforcement de l’impôt sur le revenu via la création de 14 tranches, mais aussi un Smic porté à 1 700 euros brut ou un salaire maximum limité à 20 fois le salaire médian. Nous rappelons notre exigence de la mise en place d’une « règle verte » ou le remboursement des aides publiques quand des entreprises viables licencient. Nous avons également mis en débat une « TVA grand luxe » à 33 % ; avec une imposition renforcée des « hautes transactions immobilières », elle permettrait de dégager 9,1 milliards d’euros.

 

Oui, face à l’austérité, il y a des champs de possible à explorer, dès lors que l’on ne cède pas aux demandes pressantes de l’organisation politique nommée Medef. C’est juste une question de choix.

 

Bonus pour en savoir plus :

Contre la crise et l’austérité,
les propositions du Front de Gauche c’est maintenant
.
Assemblée citoyenne thématique
mardi 11 décembre à 20 heures
Préau de l’école Diderot 1, 12 rue Pépin à Montreuil

 

 

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Bonus vidéo : Therapy ? « Stop It You’re Killing Me »