Vous voudrez bien me pardonner, je n’étais pas à Toulouse donc je vous renvoie chez les amis qui en parlent mieux que moi. Je veux plutôt prendre le temps de revenir sur un sujet que j’ai déjà évoqué en quelque sorte. Tout part en fait de l’interview de mon amie Clémentine Autain, ce matin chez Bourdin. Il évoque le « culte de la personnalité ». Je peux comprendre d’autant que la meilleure moitié de moi même adresse au Front de Gauche le même reproche. Je vais donc répondre à Bourdin et à ma douce de concert. Et, finalement, rester sur ce replay de l’entretien entre Clémentine et Bourdin est plutôt un bon point de départ.

La porte-parole du candidat Mélenchon a, une nouvelle fois, été brillante dans l’exercice face à un interviewer roué et matois. Elle a la vision claire, l’argument précis, maîtrise bien ses dossiers. Clémentine, en meeting comme je l’ai vue à Besançon par exemple, sait aussi se faire pédagogue, sans lasser l’auditoire. Bien au contraire. Elle a le sens de la formule sans pour autant verser dans la facilité. Au fond, elle a les talents nécessaires à participer à la direction de ce pays. Parce que, comme je l’ai dit déjà et contrairement aux allégations de Lucien Pambou, non seulement nous voulons présider mais gouverner la France.

Ah, c’est sûr, nos méthodes sont déroutantes, j’ai eu l’occasion de le préciser aux lecteurs ailleurs qu’ici. Et il est vrai que fixer le cap du plus court exercice de la fonction présidentielle de la Ve République – parce que nous allons convoquer une assemblée constituante pour que le peuple décide de la VIe République et de son contenu – ce n’est pas forcément ce que l’on attend d’une organisation politique. Mais nous sommes ainsi. Nous annonçons la couleur, d’emblée.

Au demeurant, pour revenir à mon propos, nous avons les personnalités aptes à diriger ce pays. J’ai évoquer le cas de Clémentine Autain. Au fil de leurs interventions télévisées, de leurs prises de paroles dans les meetings, de leurs contributions écrites, commence à se dessiner une sorte de casting, pour employer les mots à la mode, de ce qui sera mieux qu’un simple conseil des ministres. Je pense à François Delapierre, le directeur de la campagne de notre candidat ; il y a évidemment Pierre Laurent et Marie-Georges Buffet, laquelle a déjà marqué les esprits par son passage efficace au ministère de la Jeunesse et des sports dans des conditions tout sauf simples ; il y a le gars Coquerel, qui a pris un sacré volume ces derniers mois ; vous avez aussi noté le savoir-faire d’Alexis Corbière…

Heu… n’allez pas croire que je suis déjà entrain de distribuer des postes. Cela n’est vraiment pas de ma responsabilité, ni de mon goût. Je veux juste attirer votre attention sur quelques unes des personnalités marquantes du Front de Gauche qui, demain, pourraient assumer des responsabilités au plus haut niveau. Je vais en oublier, et de plus je dois choisir au risque de faire des mécontents mais il y a aussi mon voisin Ian Brossat, qui se signale dans la présidence du groupe Front de Gauche au conseil de Paris. Corinne Morel-Darleux et Martine Billard aussi ont ce talent, cette rigueur intellectuelle, nécessaires à l’exercice de fonctions dites « suprêmes » même si nous les ferons éphémères dans le système actuel. Je pense aussi à Gabriel Amard ; Christian Piquet ; les deux Marie-Pierre, Bouthans et Vieu ; Olivier Dartigolles ; Myriam Martin…

Parce que vous croyez que Myriam, dirigeante nationale du Nouveau Parti Anticapitaliste jusqu’à très peu, serait venue se ranger sous la bannière d’un seul homme ? C’est bien mal connaître nos amis issus de la mouvance pabliste, parmi lesquels la personnalisation du débat s’apparente au mal absolu. C’est le projet politique, le contrat social en quelque sorte, que propose le Front de Gauche ; sa méthode ; l’existence d’une équipe pour le porter, qui ont décidé nos amis et camarades du NPA à venir intégrer la dynamique de campagne d’un front populaire en construction.

Je sais bien que, pour beaucoup d’entre-vous amis lecteurs, j’enfonce des portes ouvertes. Que ce que j’écris s’apparente à l’évidence. Parce que vous savez que les meetings du Front de Gauche, il y en a toutes les semaines dans la plupart des départements de France et que les orateurs y sont aussi nombreux que variés. Mais il faut le répéter, le marteler. Je m’y emploie.

Photo Stéphane Burlot

Preuve enfin que nous voulons gouverner et que nous avons les personnes pour, nos candidats aux législatives sont en campagne autour de propositions de loi. C’est à dire que les axes de notre programme seront présentés sous forme de texte immédiatement présentables à l’Assemblée nationale. La preuve par l’exemple donc, que nous sommes là pour gouverner.

Post scriptum : Evidemment, ce qui devait arriver arriva, j’ai commis un impair. J’ai oublié l’excellente Raquel Garrido. Outre ses capacités et son expérience dans le monde syndical, elle a contribué pour beaucoup à assoir notre pratique autant que notre projet dans le domaine international. S’il y en a bien une que je n’aurais pas dû omettre, c’est elle. Du coup, photo en plus 🙂

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Bonus vidéo : Kabal « La Conscience s’élève »