200 cortèges en France, pas loin de 300.000 personnes dans les rues selon les estimations partielles connues à l’heure où cet article est écrit. La mobilisation sociale de ce 11 octobre marque la rentrée sociale. Il y a de la réserve. Les jeunes sont mobilisés.

Les militants de la CGT territoriaux de Montreuil
A Marseille, les Fralib avancent en tête. Autour du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibaud, ils ouvrent un cortège de quelque 50 000 personnes. Les salariés en lutte pour la reprise de leur entreprise symbolisent bien l’enjeu de ce 11 octobre 2011, première journée de mobilisation interprofessionnelle depuis la rentrée. Face à l’austérité promise par le gouvernement, ils ouvrent de nouvelles voies de développement pour l’ensemble du monde du travail. Dans le département voisin, Toulon voit plus de 2 500 personnes défiler dans les rues. A Paris, le cortège renforcé par de nombreux lycéens rassemble lui aussi près de 50 000 manifestants. Au total, ce sont 200 rassemblements dénombrés partout en France. Pas mal pour une journée dont toutes les belles personnes s’acharnent à minorer l’importance.
Sans savoir qu’ils sont 5 000 à Grenoble, Saïd, agent territorial de la ville de Viry-Chatillon (91), glisse : « J’avais peur qu’on soit moins nombreux ». Le coup de massue qu’a reçu le mouvement social après la défaite face à la contre-réforme des retraites en 2010 pèse encore dans les têtes. De même, l’unité syndicale imparfaite ce 11 octobre n’aide pas à remplir les rues. FO manque à l’appel. Et les enseignants ont du mal à retourner dans la rue 15 jours après leur propre mobilisation. Nicolas, enseignant en lycée horticole à Montreuil (93), résume : « On a mis le paquet pour le 27 septembre, mais, là, c’est pas facile de se remettre en grève ». De fait, en règle générale, la CGT fournit plus de la moitié des bataillons de manifestants, bien épaulée par SUD.
Parmi les facteurs qui contribuent à expliquer ce que d’aucuns jugeront comme une mobilisation « en dessous des attentes », oubliant au passage qu’il s’agit d’une première et que les syndicats ont de la ressource, il y a aussi le contexte politique. La droite a profité de l’été pour matraquer les classes populaires de mesures injustes. Sur les 12 milliards de soit disant « économies », faux-nez de l’austérité, elles en paient bien plus de la moitié. Mais que faire quand le parti qui s’autoproclame déjà « alternance » ne propose que 40 milliards d’austérité sur 3 ans s’il vient au pouvoir ? On voudrait anesthésier le mouvement social qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

C’est pour cela qu’il faut voir cette première mobilisation interprofessionnelle de l’année scolaire comme une mise en jambe. Et la participation forte des lycéens, plus encore que des étudiants, tend à montrer que ce gouvernement n’est pas au bout de ses surprises en matière de luttes sociales. D’autant que la nature des slogans que poussaient les lycéens montre à la fois leur détermination et leur lucidité. Leur combat est politique avant tout.
Peut être est-ce parce que la lutte contre les mesures antisociales sont aussi politiques que les militants du Front de Gauche ont reçu un aussi bon accueil dans les cortèges. «On est chez nous, dans les manifs. Ca discute, c’est chouette», explique Hélène Lecacheux, membre du Bureau national du PG qui tenait le point fixe à Marseille. Le programme du Front de Gauche, L’Humain d’abord, part comme des petits pains. Alain Dontaine de Grenoble témoigne :
« On a fait des super ventes avec le programme et le bouquin de Jacques Généreux ». Le Front de Gauche dans les luttes est bien à sa place. A Marseille, les Fralib sont retournés à l’usine pour peaufiner leur projet de reprise de l’activité. En attendant la prochaine mobilisation.

Manifestation du 11 octobre 2011

Article publié sur le site national du Parti de Gauche auquel je contribue.