La dernière lubie à la mode des éditocrates serait que le candidat du Front de Gauche fuit les journalistes qui ne lui agréent point, parce qu’ils le dérangeraient. D’aucuns, comme un dénommé Christophe B., qui porte l’écharpe rouge, verraient là le témoignage du vide de nos arguments. Il l’a écrit d’une manière fort peu amène il y a peu dans les colonnes de son blog. Permettez que je cite :

« Quand ils n’ont plus d’arguments, les politiques passent à l’invective; quand ils sont à bout d’invectives, ils donnent dans l’injure. »

D’injure, j’en ai eu mon content sur twitter avec mon nouvel ami, Jean Quatremer. Après le « crétin » dont il m’a affublé la semaine passée, « constat » – a-t-il bien voulu souligner – qui renvoie à une pathologie dont les symptômes sont un développement mental arrêté (je suppose que c’est cela qu’il voulait pointer chez moi), nous avons eu droit ce lundi, avec mon compère Je suis cet homme, à la comparaison avec le journal d’extrême-droite Je suis partout. Mais bon, je ne suis pas là pour flatter mon ego.

Donc, ce lundi 16 avril au matin, après un week-end de meeting à Marseille puis à Pau, Jean-Luc Mélenchon a eu rendez-vous avec Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Le gars Bourdin n’est ni connu pour ses sympathies avec Mélenchon ni pour son manque de courage. A regarder la vidéo de l’émission, chaucn peut se rendre compte que l’intervieweur n’a pas manqué de titiller mon candidat là où ça fait mal. Sans forcément toujours le faire avec beaucoup de bonne foi. Chacun sa manière d’envisager son propre métier.

Cette interview a encore du faire enrager Jean-Michel Apathie qui soupçonne mon candidat de le « boycotter ». Et d’écrire clairement :

« Je pense, malgré les désagréments que cela vaut à RTL, et l’hostilité dont je suis l’objet, qu’aucun homme politique ne doit procéder par insulte, oukase, interdit. Certaines règles de la démocratie doivent être respectées, et nous devons tous y être attentifs. »

Après, avoir toutefois expliqué, plus haut :

« Dissipons à ce propos un malentendu savamment créé et artistiquement entretenu par certains de ses soutiens dont l’honnêteté intellectuelle ne semble pas être la caractéristique. Rien de politique ne peut expliquer l’attitude du candidat. Ni son programme, ni ses propositions, n’ont fait l’objet de critiques de ma part. »

Reste que, sur twitter ou ailleurs, le chroniqueur-qui-n’a-rien-contre-le-candidat ne rate jamais une occasion d’éreinter Mélenchon. Au point que cela en deviendrait drôle si ce n’était la récurrence. Ça me rappelle mon adolescence quand des camarades de classe vouaient aux gémonies, pour rester poli, telle ou telle jolie copine des miennes qui avaient eu le malheur de se refuser à l’un d’entre eux. En clair, dès lors qu’elles refusaient de coucher avec eux, elles n’étaient que des salopes. Vous avez tous connu cela. Je trouve qu’Apathie n’est vraiment pas très loin de ce comportement.

Ne lui en déplaise, et mes sources sont sûres, ce n’est pas de téléphoner tous azimuts quotidiennement pour décrocher la timbale Mélenchon qui modifiera l’attitude de Jean-Luc. Il n’y a pas de boycott, pour le très peu que j’en sais. On a juste le droit d’attendre un minimum de professionnalisme de la part de personnes qui se prétendent « journalistes ». Désolé, Jean-Michel. C’est la dure loi de la « concurrence libre et non faussée » qui t’est si chère. Et vu qu’en matière de médias aussi la demande est supérieure à l’offre, les tarifs s’envolent.

Je suis sûr qu’Apathie a du voir et revoir la vidéo de Mélenchon chez Bourdin ce matin, en se demandant « pourquoi l’explosion de l’audimat m’est-elle refusée ? ».

Le Front de Gauche fait campagne. Et, pendant ce temps-là, Apathie pleure comme un amoureux aussi transi qu’éconduit.

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Bonus vidéo : Cake « No Phone »