Pourquoi le gouvernement est-il aussi discret dans le dossier de la fermeture du site PSA Aulnay ? Pourquoi le conseil général (majorité PS) de Seine-Saint-Denis nous impose-t-il un silence aussi assourdissant ? Pourquoi le maire PS d’Aulnay-sous-Bois est-il passé de haussements du col très montebourgeois à une inaction coupable tout juste teintée d’un soupçon d’indignation ? Je me suis posé ces questions ces derniers jours alors que la direction multiplie les provocations et les intimidations à l’encontre des grévistes.

Mais d’abord, l’info du jour :

A 13h30 au 1 boulevard André-Citroën à Aulnay,
meeting de soutien aux grévistes de PSA
et aux militants menacés de licenciements.

J’y serai avec Martine Billard, co-présidente de mon Parti ; Laurence Sauvage et Philippe Juraver, animateurs du Front des luttes ; et mon « tonton » Henri Gorgues, responsable du PG à Villepinte. On vous y attend, en nombre !

Martine Billard et le PG Aulnay

Mais revenons à ces questions qui me taraudent. Elles sont revenues de manière brûlante jeudi 31 janvier, quelques jours après la suspension du Plan social d’entreprise par la Cour d’Appel. Ce jour-là, il y avait séance au conseil général de la Seine-Saint-Denis. Mon camarade Hervé Bramy, conseiller général PCF, voulait intervenir sur le sujet de PSA dans le cadre d’un débat sur le Schéma directeur de la région Île-de-France. Le président Stéphane Troussel, pour une fois pas accaparé par son entreprise de cannibalisme à la Courneuve, a coupé le sifflet d’Hervé qui n’a pas eu le droit de s’exprimer. Je vous propose de lire ce qu’il s’apprêtait à déclarer ici. Visiblement, parler de maintien de l’activité automobile ne plaît pas aux socialos de Seine-Saint-Denis.

Gérard Segura, maire et conseiller général PS d’Aulnay-sous-Bois, se permet en effet bien des privautés : « Je ne pense pas, qu’aujourd’hui, la revendication première (des salariés), ce soit le maintien de la revendication automobile sous les formes précédentes. Je pense plutôt, je peux me tromper, que la préoccupation essentielle de l’ensemble des salariés et de l’ensemble des syndicats est le plan social qui en découle et les décisions en matière de ré-industrialisation. » Les salariés ne revendiqueraient pas le maintien de l’activité industrielle et automobile à Aulnay… On va lui montrer le contraire tout à l’heure à ce tocard.

Tu sais lire Gérard ?
Tu sais lire Gérard ?

Parce que dans le genre qui n’en fait pas une, Ségura se pose là. Le site PSA d’Aulnay ce sont 160 hectares, dont seulement 70 sont occupés par le constructeur actuellement. PSA est propriétaire de ce terrain et aussi responsable de la non-utilisation de 100 hectares. Le groupe a déployé des efforts de communication pour évoquer la possible implantation d’activités sur l’ensemble des 160 hectares. Pendant un temps, Gérard Ségura a fait rouler les muscles. Après un vote du conseil municipal, il est en situation de refuser tout permis de construire pendant les deux ans qui viennent. Il parlait même d’expropriation. On était en juillet, et Ségura parlait de 400 salariés de PSA habitant à Aulnay.

Depuis, le maire et conseiller général a baissé de plusieurs tons. Pire, il a amené Troussel, qui visiblement n’attendait que ça, à ne plus rien dire ni faire de concret dans le dossier PSA. Pourquoi un tel revirement et un désormais mutisme ? Mutisme qu’il faut imposer, par la force s’il le faut, aux élus Front de Gauche. Je suis allé chercher une explication.

Ca, c'était avant.
Ca, c’était avant.

Et là, un copain de PSA, qui a de bonnes entrées à la DRH du site d’Aulnay, me glisse un élément de réponse : « En fait, y a 150 gars qui habitent à Aulnay même et 300 au total en Seine-Saint-Denis. On habite plutôt en Seine-et-Marne ou dans le Val-d’Oise », m’explique mon pote. 300 Séquano-Dyonisiens sur 3 000 salariés… Ah oui, d’un coup, je comprends mieux pourquoi le duo infâme Troussel-Ségura s’en fout comme d’une guigne de l’avenir de PSA. Je n’affirme rien. Disons que je pose la question et j’attends que ces deux « responsables » me prouvent, textes et dossiers à l’appui, que je me trompe.

Bonus mises à jour : les Chroniques de PSA Aulnay avec les infos actualisées le plus fréquemment possible.

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Bonus vidéo : Street Dogs « There Is Power In A Union »