« Les banlieues sont les grandes oubliées de cette campagne. » C’est en tous cas ce que déclarent les journalistes, lesquels ne prennent jamais le temps de lire les écrits produits par les uns et les autres. En tous les cas, il y a une formation politique qui n’oublie pas les banlieues, c’est le Front de Gauche. En témoigne la venue de Jean-Luc Mélenchon, son candidat, ce dimanche 1er avril à Grigny. J’en serai et je suis bien sûr que je ne serai pas seul. Je suis particulièrement fier de mon Front de Gauche quand il vient faire place au peuple dans cette ville de l’Essonne.

Nous ne découvrons pas, nous autres, les quartiers populaires et leur situation dramatique. Nous en sommes, pour beaucoup, issus. Aussi, nous serons nombreux dimanche à Grigny pour réaffirmer notre attachement à notre culture populaire, à nos quartiers qui sont autant de viviers pour la France de demain, à nos racines prolétaires. Nous dirons aussi que les errances de la politique UMP dans nos quartiers, nous n’en voulons plus. Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés, montrés du doigt, instrumentalisés dans la course à l’échalote à laquelle se livrent le candidat de droite extrême et la candidate d’extrême-droite.

De ce point de vue, Grigny est assez exemplaire. Dans une note du 4 novembre 2011, j’écrivais :

« Cette commune, que l’Etat a fait passer de 3 500 habitants en 1968 à 25 000 en 1975, a le triste privilège de bénéficier des plus faibles recettes fiscales d’Île-de-France, de la plus importante proportion de moins de 20 ans sur le même périmètre. Dans cette ville, au bord de l’asphyxie financière en raison du désengagement de l’Etat, comment assurer la solidarité républicaine au jour le jour ? Ce qui vaut pour Grigny vaut pour Villetaneuse, en Seine-Saint-Denis. Le cycle est infernal : pas de ressources ou si peu pour les municipalités, des entreprises peu intéressées pour s’implanter dans des périmètres que les médias s’acharnent à présenter comme « non sécurisés », pas d’emploi pour les habitants qui se voient souvent refoulés en raison de leur simple domiciliation. »

En effet, depuis des dizaines d’années, la municipalité communiste se bat pour reconquérir des services publics de qualité à Grigny II, une des plus grandes copropriétés de France, et à la Grande Borne, quartier d’habitat social dont la presse ne parle qu’au travers du prisme de l’insécurité. Avec la Communauté d’agglomération Les Lacs de l’Essonne, la municipalité a bataillé pour obtenir des programmes de rénovation urbaine dignes de ce nom pour nos deux quartiers. Si le bâti est bien en cours de rénovation, si les voiries nouvelles permettent d’ouvrir les deux ensembles sur le reste du bassin de vie des Lacs de l’Essonne, c’est parce que nos camarades Claude Vazquez, Philippe Rio, Gabriel Amard, Jacky Bortoli et d’autres se sont battus comme des lions pour que l’Etat accède aux revendications des Grignois.

Reste en suspens la question des services publics de proximité. La municipalité de Grigny investit pour construire des écoles, un centre de vie sociale à la Grande Borne ; l’Agglo crée un 2e hôtel d’entreprises pour permettre la création d’activités qui génèrent de l’emploi local. L’Etat, lui, prend la main sur le budget municipal de Grigny en 2010 et augmente les impôts locaux de 50 %. Comme si les Grignois avaient besoin de ça… Ajoutons à cela que, sous la houlette de ministres comme Guéant ou Hortefeux, l’Etat qui devait incarner la République se comporte aujourd’hui comme une puissance coloniale. La bataille politique s’engage. Elle continue encore aujourd’hui sous le fier drapeau rouge du Front de Gauche.

C’est de tout ça dont nous parlons, au jour le jour, sur les marchés, dans les quartiers, aux portes des entreprises, nous les militants de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l’Essonne, du Val-d’Oise, du Rhône, des Bouches-du-Rhône… Mais aussi de la Robertsau à Strasbourg, de la Paillade à Montpellier, du Mirail à Toulouse. C’est cette voix que nous porterons dimanche à Grigny. Parce que nous sommes fiers de nos quartiers populaires. Et que, nous, nous ne les oublions jamais.

A dimanche, les camarades !

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Bonus vidéo : Eriah « Quartiers Populaires (Feat. Greis & Randy Valentine)