« Je me suis pâmé, il y a quelques jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen.

Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fais très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Pruh’homme.

Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine que l’on porte au Bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cettte haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. »

Gustave Flaubert.

Lettre à George Sand

2 juin 1867.

Roms

Merci à Tony Bernard, mon ami et camarade, maire de Châteldon dans le Puy-de-Dôme, pour avoir exhumé ce moment de grâce.