Bon, pendant que les officiers de la police judiciaire constatent officiellement le décès du journalisme français, il faut revenir sur le fond de ce qui se dit autour des atrocités commises à Toulouse et à Montauban. C’est vital pour notre capacité à vivre ensemble, en paix, dans ce pays. Parce que la fille à papa, l’infâme qui a troqué le noir et argent pour le Marine, a quand même osé. Elle a osé parler, sous couvert de « fondamentalisme musulman », de l’antijudaïsme supposé de l’Islam. Ce simple fait, qui tente de semer les germes de la haine et de la division entre Français pratiquant des religions différentes, mérite bien le terme de «charognards» pour la qualifier, elle et son parti. Mais elle en a rajouté en précisant qu’il était « musulman avant d’être Français ».

Il faut tout de même savoir deux trois petites choses. En premier lieu, contrairement aux religions chrétiennes, il n’y a pas d’antijudaïsme théologique dans l’Islam. Chez les Chrétiens, les Juifs sont « coupables » d’avoir assassiné Jésus Christ. Au nom de ce « crime » supposé, les ghettos, les pogroms et les conversions forcées seront justifiées par les prêtres tout au long des siècles jusqu’à ce que la deuxième guerre mondiale et le massacre systématisé, industrialisé, méthodique des Juifs n’amènent les opinions publiques à s’émouvoir de ce que des individus soient détruits en raison de leur religion. Je passe rapidement sur le fait que les Européens de confession juive, « impurs » par essence, ne peuvent exercer des métiers nobles comme le travail de la terre qu’ils risqueraient de « souiller ». Ce qui les amènera à exercer, quand ils en ont les moyens (ce qui est le cas d’une toute petite minorité), le commerce de l’argent, puisque c’est aussi « impur » pour les Catholiques.

Dans l’Islam, qui procède du même livre initial que Juifs et Chrétiens, il n’y a pas de chose semblable. Les hébraïques sont considérés comme le « peuple élu ». Dans les pays où la religion musulmane domine, les Juifs vivent certes dans des quartiers séparés. Nous sommes au Moyen-Âge n’est-ce pas. Mais ces quartiers ne sont pas enclos dans des murailles et il n’y a pas de couvre-feu ni de signe distinctif pour les israélites. En passant, c’est le très chrétien roi français Louis IX, dit « Saint-Louis », qui a créé l’ancêtre de l’étoile jaune… Mais revenons aux rapports entre musulmans et juifs sur la base de la théologie et à partir des faits historiques.

La rouelle de Louis IX ancêtre de l'étoile jaune

Quartiers séparés donc mais pas d’interdit professionnel. Au contraire même. Les principaux chefs politiques, quand ils sont de confession musulmane, s’entourent très volontiers de conseillers aux croyances différentes des leurs. Ce fait se vérifiera pendant des siècles, jusqu’à Hassan II qui, tout « commandeur des croyants » qu’il soit, choisira pendant un temps un premier ministre de confession hébraïque. Juste parce qu’il a les compétences adéquates. Je ne verserai pas l’angélisme jusqu’à dire qu’entre Juifs et Musulmans tout a toujours été au mieux dans le meilleur des mondes. Une religion monothéiste est, par essence, excluante, cherchant à prendre le pas sur les autres. C’est ainsi que le christianisme a éradiqué le paganisme en Europe ainsi qu’en Amérique du Sud puis a tenté de ce faire en Afrique.

Aujourd’hui, on veut nous faire croire à un affrontement entre Juifs et Musulmans, affrontement historique dont je viens, brièvement, de montrer qu’il n’en est rien. Dans la sphère d’influence française, il y a une raison historique aux tensions entre personnes de confession juive et celles croyant en Allah. Elle a nom « décret Crémieux ». Ce décret, pris en 1870, accorde aux personnes de confession hébraïque vivant en Algérie la nationalité française. Les Musulmans, eux, se verront doter d’un « statut de l’indigène » qui a le mérite de les différencier des animaux, sauf à ce qu’ils fassent expressément la demande d’une nationalité française qui leur est rarement accordée. Je sais, j’ai l’ironie acide parfois. En tout état de cause, on parle là d’un acte politique, un décret pris par le gouvernement français, pour séparer deux populations qui vivaient selon les mêmes règles auparavant.

Dans le fond, il n’y a pas de conflit judéo-musulman et surtout pas sur des bases religieuses. Il n’y a pas plus de conflit entre Juifs et Arabes. Ce qui existe, depuis le début de 20e siècle, c’est un conflit territorial entre Israéliens et Palestiniens. C’est totalement différent. Et, dans ce drame du 21e siècle, la religion n’a valeur que d’alibi ou de cache-sexe. Je présente mes excuses à mes lecteurs croyants pour ce qui peut heurter leurs convictions, mais ce sont les miennes.

Enfin, je ne peux conclure dans parler des salafistes puisqu’il semble que l’à présent décédé tueur de Toulouse se revendiquait de cette idéologie. Dire que le salafisme est un avatar de l’Islam, c’est aussi insultant que d’expliquer que Civitas représente une part des Catholiques, en termes de croyance je veux dire. Le salafisme, comme l’intégrisme catholique ou les fondamentalistes juifs, ne sont pas des croyants. Ce sont d’abord des politiques. Des personnes qui croient que la loi de leur Dieu, souvent vue de manière étroite, exclusive et dominatrice, doit s’appliquer à tous les êtres humains. Ils pensent que la loi pervertie qu’ils prêtent à leurs dieux doit devenir la loi de la cité, politique en grec ancien.

Parce que j’ai trop de respect pour celles et ceux qui croient, ne comptez pas sur moi pour les injurier en les réduisant au rang d’extrémistes quelle que soit la partie du Livre qu’ils revendiquent.

—————————–

Bonus vidéo : MC 900 Ft Jesus « Truth Is Out Of Style »