Qui l’eut cru ? Oui, vous lisez bien une note à propos de Britney Spears. Classez cela dans la catégorie des « plaisirs coupables » ou des « péchés mortels », comme il vous plaira. Parce que, loin de céder à la mode qui exige que l’amateur de rock indé aux accents durs si possible néglige la musique populaire, je confesse sans honte aucune un goût prononcé pour celle qui fut la « fiancée de l’Amérique ». Soit dit en passant, bon nombre des groupes que j’écoute ont repris Britney, parmi lesquels rien moins que Franz Ferdinand dont l’intégrité ne peut être remise en cause.

Je vais y revenir mais d’abord, qu’est-ce qui motive cet écrit ? Et bien, voilà : après le printemps arabe, après la mort de Kim Jong-il, un autre mythe est en passe de s’effondrer : Britney Spears annonce une année sabbatique. Dans le monde hyper concurrentiel de la musique pop, une telle pause peut prendre toutes les allures de suicide commercial. Imaginez que, pendant ce temps-là, Rihanna, bien que jouant dans une autre catégorie, publie deux albums par an !

L’info est donc de taille, « Brit Brit » prend du champ, a priori, et se donne le temps de se remettre d’une séquence assez dense finalement, conclue par une tournée mondiale qui a du épuiser celle que chacun sait assez fragile au final. Chacun se souvient de son dégoupillage avec crâne rasé à la sortie et grosse inquiétude des fans sur une Britney qui, depuis le club Mickey, avait mené un parcours quasi sans faute. Reste plus donc qu’à croiser les doigts pour qu’elle nous revienne en forme(s).

Oui, et alors ? Il y a une dimension sexuelle incontestable dans le personnage Britney Spears. Dès qu’elle a pu s’émanciper du vilain oncle Disney, elle a choisi le créneau sexy, pour ne pas dire sexe. Son « Hit Me Baby One More Time » est la transplantation américaine et SM des « Sucettes » composées par Gainsbourg pour France Gall. Pour celles et ceux qui auraient des doutes, ce que je peux comprendre, il convient d’écouter (ou réécouter, ce que j’espère) la version délivrée par les frères Zappa, Ahmet et Dweezil, du carton planétaire du produit en apparence le plus frais, sain et naturel de l’Amérique des années 90.

Quoi encore ? Qu'est-ce qu'elle a cette photo ?

La miss Spears va décliner, en bon produit marketting qu’elle est mais pas dupe – elle est son propre chef de projet en la matière à l’instar de Madonna -, la dimension sexe qui fait tant vendre. Que ce soit dans le choix de ses costumes, dans l’imaginerie qu’elle va véhiculer, jusque dans les paroles de ses chansons. Elle pousse parfois le bouchon (!) un peu loin : « Bad Girl » est une resucée de l’ambiance SM à laquelle elle semble (elle aussi) très attachée (sans jeu de maux, quoi que) ; quant à « 3 », c’est juste une histoire de triolisme. « Brit Brit » verse parfois dans la vulgarité, juste la petite touche qui salit une image bien propre par ailleurs. Enfin, quand elle ne pète pas les plombs…

Tout est là, donc, qui fait que j’aime Britney, autant le personnage que sa musique. Le côté populaire, l’imagerie sexy, le brin de vulgarité perverse qui brouille les pistes à défaut de l’écoute. Et, surtout, quand même, une capacité à se faire régulièrement livrer des titres qui démontent le dancefloor. Parce que ça, moi, j’apprécie carrément : un titre efficace, fédérateur, racoleur aussi disons-le, qui inspire cette profonde et irrésistible envie de se trémousser ; des paroles qui restent gravées dans le crâne qu’on le veuille ou non. Comme Madonna quinze ans plus tôt, Britney sait s’entourer et assume sans trop de soucis.

Ben quoi encore ? J'ai bien parlé de côté racoleur, non ?

Au demeurant, cette mienne petite perversion musicale ne date pas d’hier. Jeune adolescent, j’éprouvais déjà de grands plaisirs, pas coupables du tout, en écoutant Kim Wilde (oui, les nuits sans Kim Wilde, je m’ennuyais, je pense rétrospectivement qu’elle devait être un vrai fantasme alors) puis Sandra, la brune Bavaroise avec son ode à Marie-Madeleine, dont je mesurais déjà tout l’impact symbolique (heu, celui de la probable première apôtre du Christ, n’est-ce pas ? Sinon, je suis pas trop branché brunes en vrai). Inutile de dire que je n’ai pas attendu « Erotica » pour me pâmer devant les hymnes pop de la Madonne.

Aujourd’hui, aux côtés de Britney Spears, je n’hésite pas à écouter, de préférence fort dans mon mp3, du Ke$ha par exemple. Encore une blonde, un peu vulgaire, aux titres racoleurs. On ne se refait pas.

Vous allez m'en fait un cirque ou quoi ?

En revanche, je n’ai jamais acheté un seul titre des dites artistes. Le pire que j’ai fait c’est de demander à Delphine Beauvois de m’offrir l’album « Blackout » de Britney pour mon anniversaire. Sinon, je télécharge. Elles n’ont pas besoin de moi pour se remplir le tiroir caisse. J’ai beau avoir des goûts musicaux discutables, je n’en conserve pas moins une certaine éthique. Ce que j’économise en piratant Britney, je l’investis dans les albums de La Canaille.

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                                     télécharge Britney Spears « (Drop Dead) Beautiful (Feat. Sabi) (Chick In Club Remix) » en mp3

Bonus vidéo: Britney Spears « Circus (Diplo Circus Remix) »