Il faut que je l’admette : malgré la chaleur qui, personnellement, m’accable, les vacances sont finies. Je fais en effet partie de ceux qui profitent sans vergogne de cet acquis de la classe ouvrière. D’autant que mon année a été particulièrement chargée, si je m’hasarde à tenter d’en dresser un bilan. Je ne m’étendrai pas sur mon séjour écossais, il faut bien que je garde quelques parts d’intimité. Sachez juste, au cas où, que je garde un souvenir merveilleux de cette contrée, ce pays, aux visages multiples de gris et de vert où la température a la décence de ne pas excéder les 23 degrés centigrades.

Depuis plus d’une semaine, je suis donc de retour en France, au boulot, et sur le terrain militant. D’un œil encore distrait, je le concède, je survole les informations. Les amis m’en disent plus, à l’image d’Arthur Fontel qui s’engraine comme un grand au sujet du projet présenté par Sapin d’un « Contrat à durée indéterminée de trois ans ». Plus sérieusement, mon ami a un peu en travers de la gorge ceci, lu dans 20 Minutes : « Pour compenser le manque de qualification de ces jeunes, une aide à la formation devrait être apportée aux employeurs, éventuellement par le biais d’un « chèque formation », a détaillé Michel Sapin, le ministre du Travail dans une interview au Monde. »

Sinon, mon ancien voisin Manuel Valls remplace bel et bien Guéant comme sinistre de l’Intérieur, menant une belle chasse aux Rroms. De manière à se concilier les bonnes grâces de la Droite pop ? Celle-ci de ne lui rend pas bien. Qui glose sur l’idée d’ouvrir droit à l’emploi aux Rroms. J’ai pu lire ce matin, sur twitter, ce vomi de Franck Guyot, militant UMP en Essonne : « #ToiAussiTrouvesUnmétierPourLesRoms #Pickpockets sur la #ligne9 du #métro , ils ont déjà la formation #RATP ». Je veux juste en profiter pour rappeler que les Rroms sont citoyens européens et que, en tant que tels, ils ont normalement accès à l’emploi et aux prestations sociales. Ils n’en sont privés que parce que Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a « négocié » avec ses homologues européens pour qu’il n’en soit rien.

Cela suffit à me rendre d’humeur maussade. Mais il faut en sus se cogner les saillies de militants du parti dit « socialiste », tous en morgue et en déni de réalité – les gars, vos cent jours sont marqués d’une impuissance qui ferait sourire de condescendance un octogénaire eunuque – ; les bêtises crasses des gauchistes aux abois qui sont au marxisme ce que Guesde y était déjà, c’est dire ; la droite, encore elle ; les fachos… Plus quelques nouvelles de Montreuil qui me donnent matière à préparer la suite de mes chroniques. Bref. Les vacances sont finies et j’ai envie de repartir. Mais loin !

Mais où ? L’illusion des Jeux Olympiques passée, la Grande-Bretagne, ce pays qui m’est si cher, se retrouve avec la gueule de bois. Pour détourner l’attention, les conservateurs s’en prennent à l’Equateur « coupable » d’offrir l’asile politique à Julian Assange. En Espagne (si, si, vous savez pas ? Ce pays voisin dont vous vous contre-foutez), Rajoy se prend pour un matador tentant de toréer le peuple. En Grêce, on meurt, merci. En Syrie aussi, où le peuple est pris en otage entre un clan de barbares accrochés à leur pouvoir et un clan de barbares en quête de pouvoir. Je vais aller vomir à nouveau et je reviens.

Alors, quoi ? Ben… Continuer. Continuer à militer. Continuer à écrire. Continuer à publier. Continuer à agir. Les copains du Front des blogs ont bien tenu la baraque pendant que je me farcissais du hagis comme jamais. Ça fait plaisir, ça donne de l’énergie. Comme je l’ai écrit hier, notre ouvrage collectif Terres de gauche, abécédaire des radicalités concrètes est sorti. Mes amis du Rizome Corp © ont sorti une nouvelle tape que je vous recommande. Si vous la ratez ici, je la remets plus bas. Puisqu’on parle musique, j’ai quelques beaux albums en stock à vous faire partager – découvrir – réécouter (rayez les mentions inutiles). Demain, mon complice François Miranda nous parlera d’un duo israélien fameux : The Young Professionals. Comme ça, j’aurai le temps de boucler un article sur l’autogestion pendant la Commune de Paris pour la revue Les Z’indigné-e-s et d’avancer sur mon essai concernant cette révolution et ses poursuites.

Bref. Il faut bien vivre. Et trouver des raisons de sourire. Parce que notre ciel est bien gris malgré la canicule déclinante. Bref. Je suis de retour.

Bonus audio : le Summer 12 (Long Drink) de Rizome Corp

———————

Bonus vidéo : The Jesus And Mary Chain « Surfin’ USA (Summer Mix) »