L’Ecole fait débat, c’est le moins que l’on puisse dire. Le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, annonce son souhait de, pas moins, « refonder l’école ». A Montreuil, particulièrement, cette question a soulevé beaucoup de passions lorsqu’il s’est agi de mettre en place au Plan éducatif local et global. Reste, avec tout ça, qu’on ne sait pas trop quel est le rôle, encore moins quelle est la place, de l’école dans notre société.

Elle est un peu mise à toutes les sauces la pauvre Ecole, qui concentre en son sein tous les dysfonctionnements de la société : violence, incivilités, perte de repères, contradictions. Force est de constater, en sus, qu’autour de la dite Ecole se noue ce que j’estime être un débat de civilisation. L’Education nationale a-t-elle pour vocation de former des futurs salariés ou des futurs citoyens ? La première option est défendue – de très longue date – par le MEDEF. J’ai en tête des échanges assez homériques avec les dirigeants de l’Union patronale des Bouches-du-Rhône dans les années 1997-2000 sur ce point. C’est que le patronat a, lui, ses intérêts de classe bien en tête.

Former uniquement des salariés, c’est se préparer une main d’œuvre adaptable et, surtout, qui ne relèvera pas la tête dans l’entreprise. Et pour cause, elle sera conditionnée à l’avance à la seule idée que bosser c’est bien. Même pour rien. La citoyenneté, elle, rend exigeant. Parce que le citoyen (genre neutre, camarades féministes) sait que, pour vivre en société, il doit passer un compromis, une sorte de pacte social, entre ses intérêts individuels et les intérêts collectifs.

Autour de ce choix : former des futurs salariés ou des futurs citoyens, se joue toute l’organisation de l’Ecole. Parce que tout commence dans ces lieux que le ministre Vincent Peillon a « oublié » dans son grand oral (plutôt réussi tout de même) sur Médiapart en fin de semaine dernière : la maternelle et la primaire. Comment prétendre « refonder l’école » en oubliant sa porte d’entrée ? La France disposait avec l’école maternelle d’un outil unique en Europe pour préparer à l’apprentissage autant qu’à la vie en société. Force est de constater que dix ans de gouvernements de droite tendent à transformer cette maternelle que la plupart des enseignants d’Europe nous envient en kindergarten (les jardins d’enfants allemands). Or, de ce point, Vincent Peillon n’a pas cru bon de parler.

J’espère que, à Montreuil, il en sera question mardi 23 octobre au soir. L’Ecole constitue le cœur du deuxième Atelier populaire organisé par le Rassemblement de la Gauche citoyenne et la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique.

Cette rencontre sera co-animée par Sylvia Gaymard, vice-présidente du Rassemblement de la Gauche Citoyenne, et Pierre VILA, membre de la FASE, en présence et avec une contribution au débat de Daniel Rome et de mon ami Laurent Abrahams.

L’ordre du jour est vaste et ambitieux qui pose en particulier la question de la place de l’école dans la ville.

* Mixité sociale et sectorisation,

* Où, quand, comment bâtir et quelle place aux acteurs du monde éducatif et aux citoyens ?

* Quelle politique municipale d’accompagnement des enfants vers la réussite scolaire ?

* Quelles mesures, quelles orientations, quelle complémentarité entre l’action des collectivités et de l’Etat ?  

Cet Atelier populaire fait suite à celui organisé le 10 septembre sur le thème« Comment bâtir la ville de demain et quelle place accorder aux citoyens ? » au cours duquel j’étais intervenu.

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Bonus vidéo : Eric B. and Rakim « Chinese Arithmetics »