A trop se chercher des poux dans la tête, nous en viendrions presque à oublier l’essentiel. Comme en Allemagne, le parti social-libéral au pouvoir, ici le Parti Solférinien, n’a d’ambitions que de liquider la gauche radicale. Heureusement, l’ami pour de vrai Sydné nous le rappelle opportunément avec sa note du jour : Le PS et la farce de l’unité de la gauche, l’exemple de la Seine-Saint-Denis.

municipales 2014

Avec son expérience du fonctionnement de cette organisation dans le département qui nous est cher à tous les deux, il décrypte la deuxième… non, la troisième vague de l’assaut généralisé que les solfériniens lancent sur la Seine-Saint-Denis :

A la Courneuve par exemple. Stéphane Troussel, l’actuel président du Conseil Général du Neuf-Trois, veut en découdre avec le maire sortant PC. (…) L’ambition des socialistes n’est pas le triomphe de la gauche. Sinon, une alliance, une liste unique en ferait la démonstration par les actes. Là encore, les débats en conseil fédéral des socialistes du 93 ne datent pas d’hier pour « prendre » la ville aux communistes.

Front de gauche

Nous aurions pu écrire à peu près la même chose pour le Val-de-Marne. Dans cet autre département, tout comme feu le RPR a mené une attaque en règle contre les mairies communistes des Hauts-de-Seine dans les années 80, le parti au gouvernement prend la posture de la gauche cannibale. Alors que sa défaite est annoncée aux municipales face à la droite et à l’extrême-droite, il veut tenter de la masquer par la prise de quelques bastions communistes. On a les paravents que l’on peut.

D’aucuns pourraient me dire « une mairie PCF de plus ou de moins, est-ce si grave ? ». D’abord, ce ne serait pas une mairie PCF mais une mairie Front de Gauche. Et c’est une vraie question. Parce que, derrière la dramatisation des postures sur les municipales, il y a un point qui n’est jamais abordé. A quoi cela sert-il d’avoir des élus et, plus encore, à quoi bon avoir diriger des municipalités ? La question se pose avec encore plus d’acuité quand on se plonge dans l’acte III de la décentralisation, qui vise à vider les communes de leur essence.

Marie-Pierre Vieu secrétaire nationale du PCF mène une liste FDG au 1er tour

Et bien, à mon sens, la commune reste, malgré tout le lieu premier de construction des solidarités et des résistances, notamment vis-à-vis des politiques austéritaires. C’est bien à l’échelon communal que, depuis la Révolution française, les citoyennes et les citoyens s’emparent de la question politique pour élaborer, avec les partis, leurs propres réponses. Dans ce cadre-ci, la maximalisation du nombre d’élus ne vise pas à mesurer le taux d’adhésion de la population aux idées portées par telle ou telle organisation. Cela renvoie au vote de témoignage, en vogue à LO et au NPA.

Pour nous, qui avons en tête la transformation sociale pour de vrai, le plus vite et pour le plus grand nombre, la maximalisation du nombre d’élus devient la maximalisation des relais dans la bataille culturelle mais aussi dans la bataille sociale. Je ne parle pas uniquement des relais pour les luttes sociales même si ces dernières : du refus de la fermeture de PSA à Aulnay au refus du travail de nuit à Séphora, sont essentielles.

Crise du logement

La bataille sociale c’est aussi lutter au quotidien, très concrètement, pour le droit au logement pour tous. C’est donc Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, qui prend des mesures concrètes pour empêcher la spéculation immobilière. La bataille sociale c’est aussi se donner des moyens concrets pour diminuer le coût de la vie dans la commune où l’on est élu. La bataille sociale c’est lutter concrètement pour le développement des services publics locaux.

La bataille sociale, c’est donc l’action concrète sur les conditions de vie des habitantes et des habitants pour leur permettre de passer au stade de l’action émancipatrice. C’est bien cela l’enjeu des élections municipales. Ce n’est pas autre chose. C’est suffisamment sérieux pour que l’on puisse prendre cet enjeu à bras-le-corps et dans des conditions de débat saines. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : la fin ne justifie pas les moyens et je ne défends aucunement le « compromis nécessaire » pour parvenir à cette situation.

Les écologistes contre l'austérité

En clair, je milite pour des listes autonomes du Front de gauche partout où c’est possible parce que, comme bon nombre de mes camarades communistes, je suis convaincu que c’est le meilleur moyen d’obtenir le maximum d’élus. Ma vision est celle du militant politique pragmatique dont l’objectif reste la prise du pouvoir et, donc, la conquête du leadership par le Front de gauche au sein de l’électorat de gauche. C’est aussi pour cela que, chaque fois que nous progressons vers la majorité alternative en renforçant le camp anti-austérité d’apports nouveaux, je m’en félicite.

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Bonus vidéo : Britney Spears « Work Bitch ! »