Décidément, la question Rroms fait péter les plombs au sein de la majorité municipale de Montreuil. Alors que l’amère est en vacances à New York, les élus présents ont encore fait preuve de leur schizophrénie dans la gestion de ce dossier. Il nous est imposé de dire que la municipalité de Montreuil est celle qui gère le mieux la question des gens du voyage et, singulièrement, des Rroms. Tout manquement à cette position vaut aussitôt le qualificatif « raciste ». Qu’on en juge. Jeudi 2 mai, hier, une centaine de Rroms ont été expulsés de la friche de la rue de Paris. Il a fallu une intervention politique du Parti de Gauche, au départ, puis le passage à tabac par la police municipale de mon ami Franck Boissier pour qu’une solution temporaire soit trouvée pour les familles. Elles ont passé la nuit au centre Jean-Lurçat.

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Expulsés tôt le matin, les Rroms qui étaient installés dans des conditions extrêmement difficiles sur la friche entre la station de métro Robespierre et la halle Marcel-Dufriche ont erré une bonne partie de la journée d’hier avant de se retrouver sur la place de l’hôtel de ville de Montreuil. A l’approche de la nuit, la mobilisation s’intensifie. Riva Gherchanoc, notre chef de file à Montreuil, bat le rappel des camarades pour venir soutenir les Rroms. On verra pour l’apéro débat du RGC plus tard. Mais comme nos amis sont réunis salle Jean-Lurçat, les familles et les militants qui ne cessent d’arriver se dirigent vers le lieu où nos amis du Front de gauche sont réunis. Logique.

C’est en arrivant sur place que les choses s’enveniment. Les agents de surveillance de la voie publique (ASVP) font preuve de beaucoup de nervosité. Et pour cause, ils ne sont pas formés au maintien de l’ordre. Leur boulot est plus de dresser des contraventions ou de réguler la circulation, au mieux (ou au pire si on pense au désengagement de la Police nationale). Sans consigne particulière, les Rroms se préparent à rentrer dans la salle Jean-Lurçat puisque la municipalité de Montreuil est sensée être particulièrement sensible à leur cause. Ils ne risquent donc rien.

rroms place de la mairie

Pourtant, les ASVP vont tenter de bloquer l’accès du centre de quartier. Et c’est là que mon ami Franck est pris à partie, plaqué au sol violemment et gazé. Il ne s’agit pas d’un dégât collatéral ou d’un coup perdu. Non. Il a été brutalisé en conscience, à dessein, par des ASVP qui ont reçu des ordres. Parce qu’un agent communal, dans ce genre de situation, ne peut qu’appliquer les ordres hiérarchiques. Aucune marge d’initiative. Aucune possibilité de refus. Ce n’est pas la première fois que ces fonctionnaires sont détournés de leurs missions pour jouer les nervis.

Finalement, la mobilisation devenue générale, les élus comme Belaïde Bedredine et Juliette Prados en première ligne, quand d’autres ont filé, les Rroms peuvent passer la nuit dans le centre Jean-Lurçat. L’ami Franck finit, lui, aux urgences avec deux jours d’interruption temporaire de travail.

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Dans cette affaire, une nouvelle fois, après l’affaire du village d’insertion de la rue Paul-Bert, dans laquelle Voynet a utilisé la brutalité pour imposer de la misère à la misère, on voit la réalité de la politique municipale en direction des Rroms. Quelques opérations tape à l’œil pour épater la galerie et, finalement, une politique répressive et brutale pour la grande majorité des Rroms.

Si personne ne peut se satisfaire que les Rroms vivent dans des bidonvilles, une politique exemplaire en la matière consisterait à prévenir ce genre de situation ou à ne procéder au démantèlement des camps qu’une fois que des solutions durables ont été trouvées.

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