Cet article est rédigé en tenant compte des consignes de la rue de Solférino et de Libération :

  • François Hollande est de gauche ;

  • François Hollande est le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy ;

  • François Hollande a un programme en béton armé pour battre la droite ;

  • Tu ne diras JAMAIS de mal de François Hollande.

Suite de notre saga théâtrale François et Jean-François font du pédalo.

Acte 2 – scène 1

François est à son QG de campagne, il est tout excité. De l’autre côté de la scène, séparé par un rideau, Jean-François fait les cent pas dans son bureau rue de la Boétie. Son téléphone portable sonne.

Jean-François C. (il répond, énervé) : Ah, c’est toi !

François H. : Alors, tu es fier de moi ? T’as vu ? Je prend de la hauteur ! Les sondages sont bons et ton ami…

Jean-François C. (le coupant) : ce n’est pas mon ami ! Et tu es un triple crétin ! Ce n’est pas faute de t’avoir expliqué en long en large et en travers.

François H. (se rebellant) : Ah non ! Tu n’as pas le droit ! Je l’ai forcé à se déclarer 3 semaines plus tôt que ce qu’il avait prévu.

Jean-François C. : François… Calme-toi tout de suite. Tu n’y es pour rien. C’est encore moi qui suis venu à ta rescousse sur ce coup.

François H. (interloqué) : Ah tiens ?

Jean-François C. : Hé oui. Je savais que Moody’s allait orienter notre note à la baisse. Et ça, c’est son arme fatale au nain de l’Elysée. Si ça se confirme, avec tes conneries en plus, tu es mort. Tu m’entends ? Toi pas président en mai. Moi, pas président en 2017. Fini. Kaputt !

François H. : Mais qu’est-ce que j’ai fait comme connerie encore ? Qu’est-ce que tu me reproches ?

Jean-François C. : Alors, je t’explique et ne me coupe pas. J’ai une réunion dans peu de temps. Alors, je me débrouille pour faire monter la Marine. J’envoie mes flingueurs de la droite populaire pour faire de la surenchère et libérer notre électorat déçu pour qu’il ne se sente plus honteux de voter FN. Du coup, la Marine et le nain font jeu égal. Avec un peu de chance, si la crise ne s’aggrave pas, elle peut lui passer devant. En tous cas, Vanneste joue bien le jeu. A côté, j’organise les cafouillages sur la TVA sociale chère à l’autre enfoiré. Donc, il est obligé de se déclarer ce soir et toi, tu es tranquille.

François H. : Merci, c’est très gentil. Mais…

Jean-François C. (le coupe, très énervé) : Je t’ai dit de ne pas m’interrompre sombre abruti ! Parce que, toi, pendant que je fais tout ça pour toi, qu’est-ce que tu me fais ? Une interview au Guardian où tu fous tout en l’air. Qu’est-ce que tu avais besoin d’aller cirer les pompes des traders de la City ? Et qu’est-ce que tu avais besoin de sortir ces conneries sur les communistes ?

François H. : Mais, je le pense. Je te jure, Jean-François.

"Heureusement que je suis entouré de crétins" (JFC)

Jean-François C. : Mais je le sais ! C’est ça qui me catastrophe. Tu ne peux pas juste la fermer ? C’est trop te demander ? Pourquoi tu me mets dans cette situation ? Tu sais que Mélenchon et les communistes sont à 15 % des intentions de vote ?

François H. : Ah non ! C’est pas vrai. Les sondages le disent sous les 10 %.

Jean-François C. : Mais que tu es con ! Tu crois que ces chiffres publiés sont les vrais ? Tu crois que je ne fais pas ce que je dois faire auprès de mes amis de la presse pour que les chiffres soient trafiqués avant ? Parce que, s’il y en a un qui publie la vérité demain, c’est fini pour toi. Mélenchon à 15 %, il devient crédible. Et toi…. pfuit. Fini. Et là, on en prend pour 15 ans, pire qu’au Vénézuela.

François H. : Tu crois ? Tu es sérieux ?

"Je veux pas y aller !" (#FH2012)

Jean-François C. : Ben ouais. Ce n’est pas uniquement pour te faire plaisir que j’ai flingué le lancement de campagne de Sarko en l’obligeant à se déclarer trois semaines plus tôt qu’il ne voulait. Bon, je te laisse, j’ai réunion de campagne.

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Bonus vidéo : Ke$ha « Backstabber »