Et oui, demain, nous autres amis et camarades du Front de Gauche, avons rendez-vous vendredi 4 mai à 18h30 place Stalingrad à Paris, pour un meeting contre Nicolas Sarkozy. « A quoi bon ? », dirons certains. Nous avons déjà expliqué pourquoi nous utiliserons le bulletin de vote imprimé François Hollande pour foutre Nicolas le petit dehors. Est-ce donc bien utile de faire de la retape pour quelqu’un qui n’aura en tête, dès le 7 mai, que de nous foutre sur la gueule ? Rien que ces deux questions valent que je m’y arrête.

En premier lieu, nous n’avons attendu personne pour combattre politiquement le Front national. Au vu de la campagne de Nicolas le petit, je maintiens que notre stratégie de « front contre front » doit désormais englober l’Union pour une majorité pétainiste (UMP). Il a démontré que les convergences idéologiques qu’il affiche avec l’héritière de Montretout ne sont ni tactiques ni conjoncturelles. Elles sont apparues dès sa campagne de 2007. Il a eu alors l’intelligence de faire accroire qu’il ne s’agissait que d’un moyen pour siphonner les voix du F-Haine, la réalité a montré que le mal était plus profond. Il appartient donc au Front de Gauche de poursuivre son combat contre la droite extrême.

Il est clair, par ailleurs, que nous ne faisons pas campagne contre Sarkozy de la même manière que le candidat du Parti dit « sérieux ». Lui annonce vouloir « convaincre les électeurs du FN ». Son discours sur l’immigration, sa « fermeté » sur les questions liées à l’ordre, ses propos sur la dette témoignent qu’il entend disputer à Nicolas le petit cet électorat. Lequel lui répond, en substance, « on votera pour toi parce qu’on a plus à gagner avec le PS qu’avec l’UMP. Toi président, c’est Marine dans 5 ans ». Le message passe mal, mais Solférino doit brouiller l’écoute. Nous, au Front de Gauche, nous considérons plutôt que, pour assécher le vote Front national, il faut en extirper les causes profondes. Je les ai exposées dans une note précédente, je n’y reviens donc pas.

C’est ce discours d’éducation populaire, de responsabilisation, que nous entendons porter demain. A côté de la campagne du parti dit « sérieux ». Ce sera aussi important que ce dernier se rappelle qu’il n’est propriétaire d’aucune voix au soir du second tour. Surtout pas des nôtres. De la même manière, en nous prononçant pour un bulletin de vote précis, nous évitons l’amalgame avec la consigne donnée par l’autre défenseure du lebensraum. Oser la clarté, assumer le clivage, c’est pour nous illustrer le profond respect que nous éprouvons à tout instant pour notre peuple. Tant pis si cela irrite certains de mes très proches amis qui militent pour le parti dit « sérieux ».

Ce dernier pourra bien mettre en œuvre une stratégie d’éradication aux élections législatives. Peu me chaut. Avec le Parti de Gauche, et d’autres camarades comme ceux de la FASE ou Convergences et Alternatives, nous réclamons une ligne d’autonomie totale vis à vis du PS. Nous n’entendons pas, comme c’est le cas pour Europe Ecologie-Les Verts, devoir notre survie politique, à de minables accords signés sur le coin d’une table au bistrot rue de Solférino. C’est parce que notre ligne politique est utile aux habitants de ce pays ; c’est parce qu’elle est rassembleuse en donnant des repères ; c’est parce qu’elle est nécessaire face à la crise politique, économique, sociale et morale, que les citoyens nous accordent leurs suffrages. C’est aussi parce que nous leur donnons toute leur place, au sein des assemblées citoyennes du Front de Gauche, qu’ils se sentent à leur tour utiles et impliqués, que nous avons rassemblé 4 millions d’électeurs.

Photo : Stéphane Burlot

Nos « amis » du parti dit « sérieux » peuvent bien y venir, avec leur candidature cannibale comme à Tremblay-en-France. Nous relevons le gant, nous faisons le pari de l’intelligence face aux notables avides de pouvoir. Voilà ce qui rend nécessaire, utile, indispensable même ce rassemblement du 4 mai. A vous y voir les amis !

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Bonus vidéo : Portishead « Hunter »