Edito pour Médiavox du 1er novembre 2012

Le week-end dernier, du 26 au 28 octobre, le Parti au pouvoir a tenu son congrès dans la « ville rose », Toulouse. Pour la plupart des observateurs de bonne foi, cette séquence politique a été l’occasion de mesurer l’ampleur des renoncements du parti socialiste. Le chouchou de la droite, Manuel Valls, a été sacré champion au nombre d’autographes ; l’aile gauche s’est perdue dans les combinazione dont le parti dit « sérieux » a le secret. Et, pendant ce temps-là, invité de l’émission Dimanche Plus, le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, nous livrait un raccourci saisissant de ces abandons.

 

La première partie de l’émission a porté. sur la situation de PSA, qui confirme la suppression de 8 000 emplois en France dont 3 000 à Aulnay. Le groupe a aussi sollicité et obtenu du gouvernement, notamment de son ministre de l’Economie et des Finances, une garantie à hauteur de 7 milliards d’euros pour sauver sa propre banque. Il a aussi été question du fameux « rapport Gallois » qui sera dévoilé la semaine prochaine et qui a pour but de relancer la compétitivité en France. A toutes fins utiles, durant la campagne électorale, les ténors socialistes brocardaient le terme qui relevait, selon eux, du vocabulaire politique de la droite.

En toute fin d’émission, Pierre Moscovici est revenu sur la situation du Pas-de-Calais, notamment celle d’Hénin-Beaumont où les citoyens pourraient bien être appelés à revoter. Anne-Sophie Lapix l’a questionné sur les pratiques politiques en vigueur au sein de cette fédération qui fut, il y a peu encore, la plus puissante de France. La réponse de Pierre Moscovici vaut un verbatim :

Dans la fédération du Pas-de-Calais, il y a une très grande histoire. C’est là que beaucoup du socialisme est né avec Jules Guesde (…) Il y a une formidable histoire du socialisme ouvrier, du socialisme authentique (sic)

Au fait, Pierre, j’attend toujours…

Je me doute que bon nombre d’entre-vous amis lecteurs et amies lectrices ne connaissez Jules Guesde qu’en tant que nom de rue. Qui est ce dirigeant politique socialiste de la fin du 19e siècle et début du 20e ? Qu’a dit ce fondateur du Parti Ouvrier Français, vulgarisateur du marxisme en France ? Qu’est-ce qui peut pousser un ministre de l’Economie et des Finances à le citer ?

Est-ce cette sortie de Jules Guesde au congrès de la SFIO à Saint-Quentin en 1911 : « Le Parti socialiste ne doit pas être le parti du rachat, mais de l’expropriation » ?

Ou celle-ci datant de février 1882 : « Ce que veulent et doivent vouloir les travailleurs – pour assurer enfin leur liberté -, c’est la suppression du patron ; c’est la reprise des moyens de production par la société, composée exclusivement de producteurs, et comme les producteurs actuels ne sont pas disposés à se suicider, c’est l’expropriation de la classe capitaliste ».

Monsieur Moscovici – ou dois-je dire « camarade Pierre » ? -, toi qui te revendiques de ce « socialisme ouvrier », de ce « socialisme authentique », chiche ! Mets donc en œuvre les préceptes de celui dont tu revendiques la filiation ! La famille Peugeot, exilée fiscale en Suisse, mérite absolument d’être expropriée. Et avec elle, tous les « pigeons » auxquels tu as si piteusement cédé.

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Bonus vidéo : Kill The Thrill « Crime »