Etendard de sang,
Têtes fichées sur les lances,
Soyons vaillants, Frères !
Et déferlons, flot de terreur,
Depuis les steppes asiates
Jusqu’aux rives de l’Océan
Et rasons, dans notre chevauchée fantastique,
Les châteaux en Espagne,
Les prisons verre et acier.

Nous vengerons nos morts
Ceux du passé comme ceux à venir.
Hurlons ! Nous sommes chiens
Descendus de tous les Enfers de la terre
Assaillir le vieux monde à l’agonie.

Fils d’Ivan le Terrible,
Spartacus notre trisaïeul
Doit être fier de nous,
Fiché sur sa croix par des mécréants,
Nous le ressuciterons
Lui parmi tant d’autres.

Ah ! Ah ! Ils tremblent et pleurent
Leur vaisselle plastique piétinée
Qu’ils geignent encore
Notre joie en sera plus grande –

Nous sommes le fléau
Et nous partons à l’assaut des cieux
Reconquérir les Paradis perdus
Et Cronstadt et Moscou
Et cent Bastilles encore debout -.

Notre fureur se nomme violence ;
Grosse de sang et de rage,
Elle prend sa source
En Thermidor et au Mur des Fédérés.

Fiers nous sommes, fous aussi,
Comme on l’était face aux palais d’hier
Et l’Octobre de Julien
Est plus fort et plus beau –
Plus vrai par dessus tout –
Que tous les mois de mai.

Ecrit en décembre 2005