J’aurais dû y être, j’aurais voulu en être. Las, les indications du médecin aidant, je suis resté chez moi à ne suivre l’information que par les réseaux sociaux et par les sms que la meilleure moitié de moi-même, usagère quotidienne, m’a transmis. Donc, ce mardi 19 février au matin, quelque 150 militants du Front de Gauche ont pris d’assaut le tronçon sud du RER B, celui qui va de Saint-Michel-Notre-Dame à Robinson, Saint-Rémy-lès-Chevreuse… Une opération de sensibilisation sur les possibilités qui existent d’améliorer les conditions de transports de cette ligne qui, pourtant, dessert dans le sud la banlieue chic. Comme quoi, la loi du fric appliquée aux transports en commun n’a même plus de respect pour ses mandants.

Philippe Juraver à la gare RER de Massy-Palaiseau

Trêve de moquerie de la part d’un habitué de la ligne D. Cette première occupation menée par le Front de gauche sur l’ensemble de la ligne B du RER fait suite à une assemblée citoyenne organisée sur ce sujet le 12 janvier dernier à Massy. A voir les réactions d’usagers ici et là, on peut dire qu’elle a été un vrai succès populaire.

 

A Saint-Rémy-lès-Chevreuse, petite gare d’intérêt purement local située à l’extrémité Sud de la ligne, 1 200 tracts ont pu être distribués par 15 camarades. Ils ont installé des tables pour accueillir les usagers avec un petit café. Résultat : 180 signatures pour la pétition proposée.

A Saint-Rémy-lès-Chevreuse, café et pétition pour les usagers du RER B

Dans la grande gare du pôle multimodale Massy-Palaiseau, le Front de gauche a pris le pouvoir avec 30 militants munis de leurs drapeaux qui ont distribué 5 000 tracts. Cette gare a la particularité de permettre la connexion avec la ligne C du RER. « Les usagers de la ligne C sont venus à notre rencontre afin d’exiger une action similaire sur leur ligne », se félicite mon ami et néanmoins camarade Philippe Juraver, cheville ouvrière de la mobilisation de ce jour. Nos élus : les conseillers régionaux François Delapierre et Pascale Le Néouannic ainsi que Marie-Pierre Oprandi sont allés à la rencontre des usagers. C’est dans cet échange que le Front de Gauche élabore ses contre-propositions.

Marie-Pierre Oprandi et les militants du Parti de Gauche à Massy RER

Les syndicalistes sont également venus apporter leur soutien à la démarche. De Jean-Luc Prigent pour la CGT à la gare de Massy-Palaiseau à Laurent Gallois du syndicat UNSA à la gare de  Saint-Rémy-lès-Chevreuse. « A l’évidence, les intérêts des salariés de la RATP et des usagers sont convergents », explique Philippe Juraver. Précédemment, sur le blog qu’il anime, il avait écrit :

900 000 C’est aussi le nombre de passagers qui subissent la politique désastreuse de la direction de la RATP, de la SNCF et de la majorité des dirigeants du Syndicat des Transports d’Île-de-France, tous plus préoccupés de profits comptables que de service aux usagers. 30 postes de conducteurs ont été supprimés, aucun train neuf n’a été mis en service depuis 1979, nous devons nous contenter de voitures rénovées qui veulent faire illusion, les services de maintenance sont étranglés.
En quelques années, la régularité de service de la ligne B a baissé de 10 % pendant que la RATP investit ses bénéfices pour installer des lignes de bus en Chine et aux Etats-Unis…. Aux dépens, bien sûr, du service public.

François Delapierre et Pascale Le Néouannic, conseillers régionaux PG à la gare RER de Massy

Pourtant, des solutions existent pour améliorer le service public de transport en commun. De cela aussi, il a été question ce matin. Lors de la séance du Conseil régional Île-de-France, Pascale Le Néouannic était déjà intervenue. Joint par téléphone, mon camarade François Delapierre précise encore :

Le RER n’est pas une marchandise mais un bien  public. Afin de se donner les moyens d’améliorer le transport, nous faisons la proposition que les entreprises – qui bénéficient du transport de leurs salariés – acquittent un versement transport à hauteur de 2,6 % contre un taux variant de 1,4 % à 2,6 % actuellement. Cette mesure rapporterait 800 millions d’euros. D’autre part, avec un investissement équivalent à 10 % du montant dépensé pour les lignes du Grand Paris, nous pourrions permettre le financement du chantier visant à doubler le tunnel  Châtelet entre Gare du Nord. Cette réalisation permettrait  aux 900 000 voyageurs de la ligne B et  600 000 voyageurs de la ligne D de voir leur capacité de transport, à heure de pointe, augmenter au minimum de 30 %. C’est une réalisation totalement envisageable à court terme.

(photographie : Michel Laporte)
(photographie : Michel Laporte)

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Bonus vidéo : Public Enemy « Night Train (Touch Up Remix) »