Non, il n’y aura pas de conseil municipal ce jeudi soir à Montreuil, ni même le prochain. Face à cette tentative détournée de museler le Cri du peuple, après la censure effective dont ce petit blog a fait l’objet sur les ordinateurs du personnel municipal, j’ai décidé de ne pas suivre l’agenda imposé par l’amère mais bien de lui en imposer un autre. D’un autre côté, elle m’aide bien. Ce jeudi 21 février, à 11 heures, je serai devant l’hôtel de ville pour apporter mon soutien à Stéphane Goudet, convoqué pour se voir signifier la fin de son contrat. J’y serai avec les agents de quatre services en grève.


banderole commune de 3 services en grève à Montreuil

Outre le personnel du cinéma municipal Le Méliès qui a cessé le travail depuis 34 jours. Ce n’est pas rien 34 jours, amis lecteurs, amies lectrices. Il faut considérer sa cause comme sacrément juste pour en arriver à un tel sacrifice. Surtout que, selon les précédents observés à Montreuil, l’amère ne paiera certainement aucun jour de grève si le conflit devait toucher à sa fin. Elle est trop préoccupée à liquider le service public et à distiller, par voie de presse, ce que d’aucuns considèrent comme des mensonges. A la fin, il faudra qu’elle nous le dise, nous pouvons tout comprendre : la liquidation de Goudet et du Méliès, ne serait-ce pas sa part dans l’accord avec Marin Karmitz ? Ce dernier a en effet subitement levé sa plainte contre les tarifs sociaux pratiqués par Le Méliès en 2008… Je n’accuse pas, je questionne.

Bon, là où je ne peux que constater, c’est que l’amère, dans l’affaire du Méliès, a trouvé enfin un soutien ! Cela a dû lui faire un sacré plaisir : enfin quelqu’un partage ses vues sur la culture à Montreuil. Dans un tract uniquement diffusé sur les réseaux sociaux, faute de militants, la droite officielle demande, à l’unisson de l’amère, « une opération mains propres qui fasse toute la lumière sur les éventuels détournements de fonds » et réclame un « cinéma moins élitiste ». Du pain béni pour la majorité Europe Ecologie-Le Vide.

L'UMP Montreuil soutient Voynet sur le Méliès

Pendant ce temps-là, la grève s’étend au sein du personnel communal de Montreuil. Le service Accueil Prestations à l’Enfance (APE), secteur sensible s’il en est par le nombre d’usagers qui y ont recours – usagers qui se félicitent régulièrement de la qualité de l’accueil que leur réservent les agents -, a cessé le travail depuis le 11 février. Soit dix jours de grève. Au vu de la manière dont l’action municipale est perçue, ce conflit social – qui touche toute la ville – est encore plus dévastateur pour l’amère que celui du Méliès. Une responsable Ressources humaines me le confirmait hier. Lundi 18 février, les agents de l’APE ont été rejoints par ceux des Affaires générales et de l’Etat-civil…

Ce qui est éclairant, ce sont les revendications des grévistes. Je vous les livre :

– Manque de considération du personnel ;
– Méconnaissance des missions des agents, de la valeur de leur expertise ;
– Non reconnaissance des compétences des agents ;
– Mal être au travail qui se généralise ;
– L’absence de dialogue sociale ;
– L’absence de valorisation salariale.

APE en grève

La demande de valorisation salariale, donc de hausse de la rémunération au travers du régime indemnitaire (les primes), n’arrive qu’en dernier lieu. C’est dire que le malaise est profond dans les services de la mairie de Montreuil. Et il est clair que les déclarations de l’amère et de ses troupes ne vont pas arranger les choses. A hurler partout que les grèves du personnel sont « politiques », elle ne fait que se discréditer elle-même. C’est fout ce que cette rouquemoute a le cervelet qui dysfonctionne.

Je m’explique, ce n’est pas une attaque gratuite. Les agressions répétées de l’amère envers son personnel (à la fin, c’est bien elle l’employeur) se sont traduites par une première grève en 2010. Plus de 70 % des agents ont cessé le travail une journée, quelque 1 200 d’entre-eux partant en manifestation dans les rues de la ville. Mêmes causes mêmes effets en 2012. Encore 70 à 75 % de grévistes et, cette fois, 1 100 agents ont occupé l’hôtel de ville après une manifestation.

Le syndicat CGT des territoriaux de Montreuil trouve porte close

Le fait est que le manque de considération, de respect et d’écoute des agents traduit le total mépris dans lequel l’amère tient le service public. Au demeurant, dès qu’elle en a l’occasion, elle le réduit pour céder les activités au privé. Et pour trouver les moyens de faire passer la pilule, dans la perspective des municipales de 2014, elle s’offre pour 200.000 euros de conseil en communication aux frais du contribuable. Profite, la rouquine, c’est cadeau.

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Bonus vidéo : Newton Neurotics « Kick Out The Tories »