Ce jeudi 15 novembre au matin, les informations sont contradictoires sur le fond politique. L’Europe des peuples s’est levée, a envahi les rues en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce, en France… Mais aussi en Grande-Bretagne et en Belgique. Au total, 23 pays ont connu des mobilisations de diverses ampleurs, à l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de 40 centrales nationales. Le Front de gauche s’est mobilisé pour la réussite de cette première grève européenne et continue à expliquer pourquoi l’austérité ne relève pas d’une fatalité mais d’un choix politique. Pendant ce temps-là, ce jeudi 15 novembre au matin, le premier ministre s’envole pour Berlin où il entend « expliquer la politique économique française à (son) partenaire privilégié en Europe ».

A côté des initiatives menées par les autres composantes du Front de Gauche, le Parti de Gauche organise vendredi 16 novembre un meeting contre l’austérité au gymnase Jappy à Paris. Il fait suite à plusieurs réunions publiques organisées le mercredi 14 novembre dans plusieurs villes de France. C’est qu’il convient de mener un solide travail d’explication pour lutter contre la bataille culturelle initiée par le parti dit « sérieux » pour justifier sa politique d’alignement sur les critères libéraux. Elle a été détaillée pendant deux heures et demie par le résident de la République lui-même. Je vous conseille la lecture de la note de mon ami et camarade José Espinoza sur le sujet. En voici un extrait qui donne bien le ton des choix opérés par le gouvernement :

Le patronat, les banquiers, les spéculateurs ont été choyés. Durant tout son discours préliminaire, il n’y en avait que pour eux: TVA sociale revendiquée par Laurence Parisot, hausse de la CSG pour la protection sociale, baisse des cotisations sociales, subventions publiques pour aider les entreprises sans contrôle aucun, mise à disposition de main d’oeuvre gratuite par l’apprentissage, des reculs salariaux avec les emplois d’avenir et les contrats de génération, 60 milliards retirés aux budgets sociaux dont la moitié transférés aux entreprises sous forme d’aides financières publiques. Au nom de la compétitivité, de la concurrence, du patriotisme, le président se place en tête de la croisade austéritaire.

Ces choix, justifiés par un gouvernement qui se revendique « de gauche » et reste considéré comme tel par une majorité écrasante de nos concitoyens, sont dévastateurs. Au demeurant, ils témoignent de la cohérence politique de la social-démocratie européenne. Qu’on se souvienne des mesures initiées par le premier ministre grec de l’époque et désormais président de l’Internationale socialiste ou les décisions du chef du gouvernement espagnol Zapaterro pour leurs pays respectifs. Ne cherchez pas la faille, il n’y en a pas.

Certain-e-s pourraient en concevoir qu’il n’y a pas d’autres possibilités que de s’aligner sur les orientations politiques de la Commission européenne, que l’austérité constitue un passage obligé. Que bon d’accord, on va se serrer la ceinture en espérant des jours meilleurs… La Grèce illustre combien cette illusion est nocive. Les plans d’austérité s’y succèdent, aggravant chaque jour un peu plus une situation déjà catastrophique. Au final, l’Europe est bel et bien rentrée en récession. Nous, au Parti de Gauche, relevons le gant pour démontrer que d’autres choix sont possibles.

C’est dans ce sens que, lundi 12 novembre, nous avons présenté un « contre-budget » étayé qui ouvrirait la voie de l’alternative. Il fait le choix de taxer réellement le capital au même niveau que le travail. Il prouve qu’une autre politique est possible et urgente : pour interdire les licenciements boursiers, pour mettre au pas la finance, pour engager la planification écologique, pour l’égalité des droits ! Les débats qui ont commencé sur la blogosphère, notamment du côté des blogs socialisants, montre que notre affaire est sérieuse.

En tout cas, une chose est claire : contre l’austérité, on lâche rien !

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bonus militant : télécharger le projet de contre-budget présenté par le Parti de gauche.

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Bonus vidéo : Blancmange « Blind Vision (Razormaid Remix) »