Je suis convaincu que la marche citoyenne pour la 6e République, le 5 mai à Paris, constitue une étape importante dans l’ouverture d’une nouvelle voie à gauche. Quand le record du nombre de chercheurs d’emploi est dépassé, quand l’austérité saigne nos concitoyens, quand le système montre son incapacité à se réformer, il est vital – pour l’ensemble de la gauche – que notre 5 mai soit une réussite. Mais ce n’est pas une fin en soi, nous le savons. Et l’initiative du PCF de proposer une suite avec des Assises nationales pour une 6e République constitue une belle continuation. C’est ainsi que nous pourrons mener la bataille idéologique et culturelle avec des chances de victoire.


« l’écosocialisme est avant tout un combat… par lepartidegauche

 

Nous sommes bien dans une démarche de rassemblement à vocation majoritaire. C’est cette démarche-là qui justifie autant qu’elle explique pourquoi Jean-Luc Mélenchon propose que le Front de Gauche prenne la direction d’un gouvernement remanié. C’est aussi une réponse directe à l’interpellation fraternelle de nos camarades de Maintenant la gauche qui ont expliqué clairement que, dans la majorité politique actuelle, il y a la place et les moyens pour une autre politique. Autre politique que même le président de l’Assemblée nationale, pour lequel vous savez que je n’ai aucune sympathie, appelle de ses vœux dans une interview donnée au Monde et que je vous invite à lire chez mon ami Pierre Laporte. Je relève singulièrement ce passage :

Nous ne pouvons pas continuer avec un groupe socialiste qui ne se sent parfois pas écouté, un groupe écologiste qui ne sait pas exactement s’il veut rester ou partir et un groupe communiste qui a l’impression de ne pas être entendu. Nous ne pouvons pas laisser s’installer l’idée que la gauche n’essaierait pas de chercher son unité pour tout le quinquennat. Cette loi sur l’amnistie doit signer la fin d’une première année et la prise en compte des relations à gauche pour la suite.

Mélenchon à des paroles et des actes

Oui, mes ami-e-s et camarades ! Pour réussir le 5 mai, nous avons le devoir de répondre politiquement aux propositions de nos camarades de l’association créée par des militants du parti solférinien. Ils nous ont donné des signes clairs, que ce soit sur l’Accord national interprofessionnel, ou sur l’amnistie des syndicalistes en refusant les oukases du gouvernement. Ne doutons pas de leur sincérité. Ici même, j’ai écrit, à l’unisson de Martine Billard, que l’heure n’était plus aux discours mais à la responsabilité. Je considère que nos amis de l’autre rive de la gauche nous ont entendus et ont pris les leurs.

Ils manifestent le désarroi d’une partie importante de celles et ceux qui ont voté François Hollande en mai dernier. Ils traduisent l’aspiration de nos concitoyens à une politique de gauche, que le gouvernement ne met pas en œuvre.

5 mai pour la 6e République

A telle enseigne que, entre les lignes, Claude Bartolone lui-même le reconnaît, sous les atours d’une langue d’ébène :

Pour la rentrée parlementaire nous devons avoir des textes choisis en relation avec le président, le gouvernement, sa majorité et toute la gauche pour pouvoir donner du sens à la période politique, au moins jusqu’aux prochaines élections municipales. Nous devons encoder ce temps politiquement, socialement et économiquement.

Je considère de notre devoir d’entendre et de donner suite politique à ces appels du pied. Je considère qu’il faut prendre au mot Philippe Baumel, qui déclare depuis 2010 : « Plus que jamais, vive la VIe République ! ». Sauf à vouloir faire le jeu du Front national en creusant artificiellement, au travers de postures héritées de la 3e période de l’Internationale communiste, des fossés basés sur une supposée pureté révolutionnaire. Le peuple, la classe ouvrière, attend de ses organisations une attitude responsable, des propositions concrètes, une construction politique qui donne du corps à ces propositions.

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C’est la voie que nous avons ouverte dès septembre quand Jean-Luc Mélenchon a pris le temps d’expliquer qu’une majorité existe aujourd’hui pour mettre en œuvre une autre politique que celle de l’alignement sur le MEDEF. Alors, arrêtons de nous goberger de belles formules qui ne font plaisir qu’à une minorité sectaire. Non, le gouvernement Hollande n’est pas pire que le quinquennat de Sarkozy. Non, le parti solférinien n’est pas une organisation social-fasciste.

Oui, une partie importante des militants et des élus qui arborent encore le poing et la rose veulent changer la vie. Allons-nous les agresser et les renvoyer dans les bras de Bruno Le Roux et Jean-Marc Ayrault ou saisir la main qu’ils nous tendent ? C’est à cette question qu’il faut répondre si nous voulons vraiment réussir le 5 mai et le 16 juin.

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Bonus vidéo : Trent Reznor and Atticus Ross « On We March (Remix) »