Rock’n’roll animals (et pourtant il s’agit de cold wave)

 

Par François Miranda

 

Nous étions au Mange Disc, 50 rue de Romainville à Montreuil (pub copains assumée – note du taulier), lorsque Nathalie m’a tendu un flyer.

– T’as vu ce que je viens de trouver ?
– Un concert de Von Magnet, je ne sais même pas qui c’est.
– En dessous, regarde !
– Kas Product, à Paris, c’est bientôt ? Le 14 11. J’y vais. Tu viens ?
-Non, déjà vu.

Ce qui n’est pas faux, même plusieurs fois dans les années 80. Ce qui fait quand même un certain temps néanmoins.

Kas Product, une coupe de cheveux partagée à l’époque, brosse courte et mèche très longue.

Au moment de partir, j’hésite, mon perfecto ? Non finalement ce sera le caban comme d’hab, je ne vais quand même pas à une réunion Sado-Maso.

Une préparation intensive depuis lundi sur le concert de Marseille, qui avait eu lieu en septembre, m’avait permis de faire le trajet le cœur léger : ils n’avaient pas trop vieilli et avaient l’air d’assurer. Mais le son très très moyen des vidéos sur YouTube ne permettait pas d’en savoir davantage.

Le concert ayant eu lieu à la Machine du Moulin rouge, il était amusant de voir les files se mélanger, les amateurs de french cancan vite identifiés rejoignaient leur troupeau avec soulagement.

Première partie, Von Magnet. C’était long. Singer le flamenco en hurlant sur une bande pré enregistrée, même avec 2 batteurs ça ne génère que fatigue et ennui.

La salle ne s’est d’ailleurs vraiment remplie que pour Kas Product.

Dès le début, le ton est donné. Par une sorte de pli du temps sur lui-même, on retrouve le duo tel qu’on l’avait laissé dans les années 80. Et pas seulement physiquement, mis à part les cheveux qui, pour les deux, ont poussé de concert. C’est l’énergie qui frappe tout d’abord. La musique bien sûr mais aussi les jeux de lumière.

Spatz, à l’arrière, assure quasiment à lui tout seul toute la partie musicale avec ses machines : les boites à rythmes, les synthés englobent tout. Le son s’est un peu embourgeoisé, plus rond, plus de bpm, plus de fun même sur certains morceaux. Mona Soyoc (un nom assez intéressant et prédestiné de mon point de vue) assure le show : chant, claviers, guitare, cymbale, pistolet… rien ne lui résiste. Mais c’est par sa présence sur scène qu’elle nous achève : elle chante, pour une chanteuse c’est le minimum syndical, mais en plus elle court, ondule, saute, se fait porter à plusieurs reprises par la foule.

Je me rappelais d’elle grimpant sur les supports de projecteurs tout en continuant de chanter. Mercredi soir, elle n’a pas hésité à fendre la foule, à monter les marches pour arriver au balcon et de là à se suspendre au dessus du vide, tout ceci micro à la main. Le public en est resté scotché. Moi aussi. Les tubes se sont enchainés, d’un Underground movie chanté au porte-voix et qui du coup était assez confus à So Youg But So Cold ou Never Come Back, les deux albums des années 80 ont vu leurs meilleurs morceaux se succéder. Deux rappels, (la salle était tout à fait prête pour un troisième, et moi pour 10 ou 20) avec un très sexy Pussy Cat.

Je vous avais prévenu, il fallait aller voir Kas Product mercredi soir.

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 Bonus corporate minded : retrouvez la play-list de François pour La Team : des synthés, des boîtes à rythme, des basses lourdes.

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Bonus vidéo : Kas Product live @ La Machine 14 novembre 2012