Dès dimanche dernier, Michel Sapin, ministre du Travail, a déployé des efforts de communication pour préparer l’opinion : en, octobre 2012, les chiffres du chômage sont mauvais. Le nombre de chercheurs d’emploi a progressé de 1,5 %. Cela signifie que 45 400 personnes se sont inscrites à Pôle emploi en catégorie A, c’est-à-dire sans activité supplémentaire. Cette 18e progression consécutive porte à 3,1 millions le nombre de chômeurs en France métropolitaine et à 3,3 millions départements d’outre-mer compris. Sur un an, la hausse du chômage atteint 9,4 % sur l’ensemble des demandeurs d’emploi.

Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Comment cela se traduit dans la vie de chacune et de chacun ? Mon toujours affûté ami Gauche de Combat nous détaille aujourd’hui « 24 ans dans la vie d’un chômeur professionnel ». Coïncidence ? Je ne le crois pas. Comme lui, je ne laisserai jamais dire que les chercheurs d’emploi sont des fainéants. Les beaux discours sur la lutte pour l’emploi ont montré leur vacuité à l’intérieur du système politique capitaliste. Parce que ce système – qui n’a rien d’économique, si l’on croit encore que l’économie reste la régulation des échanges entre personnes – a besoin de produire des chômeurs pour accumuler de nouvelles richesses. Résultat : les licenciements économiques sont en hausse de 12,7 %.

J’en veux pour preuve l’exemple de PSA qui va détruire 8 000 emplois en France, 3 000 à Aulnay-sous-Bois, pour « améliorer » ses bénéfices. A Aulnay, puisque nous y sommes, la réalité confirme les analyses de l’Institut national de la statistiques et des études économiques (Insee) : le secteur du travail intérimaire est le premier à souffrir de la soit disant crise. En un an, selon la fédération patronale du secteur, l’emploi intérimaire est en recul de 15 % sur un an. Mais revenons aux licenciements économiques.

Notons que la hausse de 12,7 % déjà mentionnée ne prend pas en compte les licenciements annoncés à PSA ou à Sanofi. Prennent-ils en compte la suppression de 24 emplois aux Rotos 93 où, grâce à la lutte, les salariés ont au moins gagné le respect de leurs droits et un an de salaire plein ? La liste des plans sociaux en cours : Air France, Presstalis, Sodimedical, Petroplus… est longue comme un jour sans pain et mobilise mes amis du Front des Luttes jusqu’à l’épuisement. Le spectre de la fermeture plane aussi sur le site ArcelorMittal de Florange. Pourtant, nous, nous le savons, d’autres possibles existent. C’est ce que nous ferons valoir avec le Front de Gauche de la Seine-Saint-Denis samedi 1er décembre à la Bourse du Travail de Bobigny avec une matinée d’échanges sur le thème : « Une politique pour l’emploi, pas pour la finance ».

Téléchargez le tract d’invitation aux tables-rondes du 1er décembre.

Mais au fond, bon nombre d’entre-nous le savent déjà : pour en finir avec la hausse sans fin du chômage, nous ne pouvons plus nous contenter d’emplâtres sur une jambe de bois. Il faut admettre enfin que le capitalisme a besoin d’un nombre croissant de chercheurs d’emploi parce que cette hausse lui permet de mettre en place la rareté du travail et donc imposer des conditions drastiques pour que chacune et chacun y accède. C’est l’enjeu de la bataille souterraine que se livrent le Medef, gentiment appuyé par le gouvernement, et les organisations syndicales en ce moment. Il faut donc changer la donne. Revisiter les axiomes qui régissent la société française. En finir avec le mythe productiviste de la croissance qui déboucherait évidemment sur plus de richesses à redistribuer qu’importe que la paupérisation de la classe ouvrière soit absolue ou relative.

C’est pourquoi, là non plus il n’y a pas de coïncidences, le Parti de gauche tiendra ce samedi 1er décembre les assises de l’écosocialisme. Soit une étape nouvelle dans la définition d’un projet de transformation sociale. Dans sa déclaration de principes, ce processus évolutif précise :

Il ne s’agira pas de réintellectualiser un projet déjà largement pensé par de nombreux auteurs, chercheurs et militants mais de discuter avec une partie d’entre eux et d’aller plus loin dans la définition d’un projet écosocialiste en rupture avec le système capitaliste et productiviste actuel, en recherchant la synthèse entre socialisme, république sociale et écologie politique. Dans le contexte de crises multiples et d’urgence écologique que nous connaissons, il s’agit d’un moment important qui visera à approfondir notre analyse de la situation, notre doctrine et son projet.

Voilà donc. Les nouveaux outils de la lutte contre la destruction d’emploi sont aussi à chercher dans la lutte pour un autre système politique qui allie nouvelles conditions de travail et nouvelles conditions de vie.

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Bonus vidéo : Client « It’s Not Over »