Par Bestlaf

Dans la vie d’un militant d’un comité de l’étranger, soyons franc, les actions militantes ne sont pas vraiment monnaie courante. Surtout si, comme c’est mon cas pour le moment, on ne milite pas dans un parti politique local. Nombre de mes camarades du Parti de Gauche le font : militer chez Die Linke, Izquierda Unida ou Rifondazione Communista. Et dans les sections syndicales de leurs entreprises. Pour eux, qui souvent vivent depuis longtemps hors de France, au sein de ces gens qui pour les « français de l’intérieur » sont des « étrangers », c’est complètement naturel. Pour moi, qui n’ai franchi le Rhin que début septembre, ce n’est pas encore véritablement le cas. Et puis, pour tout t’avouer ami lecteur, c’est surtout que je ne sais pas m’organiser convenablement.

congrès pg

Donc, comme je le disais, pour moi les actions militantes ne sont pas vraiment monnaie courante. Alors bon, on essaie de se tenir informé, on échange avec les camarades sur la situation européenne. Mais la politique, la vraie, celle qu’on fait avec les gens, on n’y goûte pas vraiment. Et puis tous ces trucs de militants : les réunions de comité, tout ça, on ne sait pas vraiment à quoi ça ressemble. Et je dois t’avouer que c’est un peu frustrant. Surtout quand on est un jeune militant qui a besoin de se former, et donc de fréquenter les « anciens ».

Alors forcément, le Congrès, c’est une occasion en or, pour peu qu’on ait la possibilité de s’y rendre. Il est vrai que l’on reste dans l’entre-soi, mais c’est déjà l’occasion d’en voir, en chair et en os, et de discuter avec eux. De voir à grande échelle fonctionner le parti, les échanges et les débats entre les camarades. De se dire qu’un jour, peut-être, ça ressemblera à ça la démocratie. Des gens qui se rassemblent pour échanger, se convaincre et finalement décider.

Congrès du PG 2010

Alors bien sûr, quand on n’a ni la légitimité ni l’ancienneté nécessaires pour représenter les camarades de son comité au Congrès, il « reste » la possibilité d’y participer en tant que membre de l’organisation. Mais détrompe-toi l’ami, ce n’est pas un pis-aller. Quand on a participé à la dernière campagne présidentielle de l’autre côté de la carte d’adhérent, en tant que simple sympathisant, on sait à quel point la réussite de l’organisation a joué un rôle important dans son déroulement. On devine à quel point il a fallu du travail aux militants des différentes organisations pour mettre en place tout ça.

Alors aujourd’hui, il est un temps de rendre la pareille. De permettre la bonne tenue du Congrès et de se mettre au service des camarades. Et puis ceux qui me connaissent savent que j’aime bien rendre service. Alors bon, on verra bien sur place ce qu’il faudra faire. Mais peu importe, ce sera fait. Encore une autre occasion de rencontrer et de discuter avec des camarades. Pour peu que tu aies l’habitude d’organiser des rencontres, dans un cadre associatif notamment, tu sais de quoi je parle évidemment. Tu sais à quel point déplacer ensemble des tables et des cartons permet d’échanger, mine de rien.

Congrès du Mans PG

Et puis, au-delà de cet aspect un peu scout d’organiser de grandes tablées, ne nous leurrons pas, le congrès n’est pas un dîner mondain entre militants. Les nombreux journalistes présents, les membres des autres partis de gauche français ou internationaux invités jugeront aussi de nos capacités politiques à l’aune de la qualité de l’organisation. Alors oeuvrer pour l’organisation du congrès, c’est aussi essayer un peu, à sa manière, de renforcer le parti et son image. De montrer qu’il ne s’agit ni d’un simple feu de paille autour d’un ou deux personnages forts en gueule, ni d’une sorte de secte d’intellectuels juste bons à écrire des communiqués et des textes programmatiques.

Alors à l’approche du Congrès, il ne reste plus qu’à se consacrer à la tâche un peu spéciale qui nous sera confiée, à nous membres du Secteur international du PG. Garantir les meilleures conditions d’accueil et de participation pour les camarades venus d’au-delà des frontières. Leur permettre de s’investir dans ce Congrès, de prendre part aux discussions (grâce notamment à tous les camarades qui assureront la traduction, et qu’un long week-end de travail attend), et de construire avec nous cette grande force internationaliste dont nous avons tant besoin.

Mélenchon Billard

Alors, parce que nous en avons besoin, mais également parce que nous avons à bâtir dépasse le simple cadre du Parti de Gauche, nous serons là. Pour bâtir, ensemble, l’Internationale de demain.

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Bonus vidéo : Traditionnel « Le Chant des partisans soviétiques »