Comment mieux commencer l’année musicale 2013 qu’avec un des événements de l’exercice précédent ? Toujours looké : costard et cravate noirs, Paul Weller a déposé, un peu en avance et par l’intermédiaire de François (que son nom soit loué pour les éternités), son dernier album en date, le 14e en solo si mes comptes sont bons. Sonik Kicks constitue un très beau cadeau pour les retardataires, un joli panorama de la scène pop britannique.

Sonik Kicks Paul Weller

Hérault du mouvement mods avec son groupe The Jam, Paul Weller est une figure centrale de la musique anglaise. Vénéré par la scène punk et notamment par The Clash qui lui offrira la première partie de sa tournée White Riot en 1977, respecté par le mouvement skinhead originel (antiraciste et antifasciste), le Paulo, adepte du Fred Perry, a toujours refusé de se cantonner à un style musical défini. La culture musical d’outre-Manche l’y a bien aidé, laquelle est tellement moins bornée que les chapelles en vogue de ce côté du Channel.

Résulte de ce melting pot sonore, dans lequel Paul Weller a bercé et qu’il a contribué sérieusement à brasser, un 10 titres ramassé, marqué peut être par un peu plus d’électronique que sur ses précédentes réalisations. Cette patte est singulièrement sensible avec les nappes de Study In Blue et ses accents reggae ska. Pas difficile de voir dans le titre un clin d’œil au fameux Blue Beat qui a bercé les soirées arrosées des hooligans aux crânes rasés, alors aussi purement à gauche que le restera toujours Paul. Ah oui, même si c’est un peu moins audible qu’à l’époque The Jam, le gars Weller n’a jamais caché son engagement politique. Ni son amour pour le son issu de la Jamaïque.

Paul Weller

Mais revenons à ce Sonik Kicks et à ses explorations. The Attic a choisi lui de verser dans une pop orchestrale, ornementée de cordes, comme seule la perfide Albion est capable d’en produire. Avec ses envolées épiques enveloppant la voix grave d’un Weller au summum, sur scène, ce titre doit remuer sacrément le pleuromètre. Mais quelle rupture avec le punky Kling I Klang et sa guitare rythmique fiévreuse qui lorgne autant du côté du rockabilly pour un mélange des plus savoureux.

Mais, pour moi, le moment de gloire de cet album demeure Around The Lake, son urgence, l’angoisse qui ressort de ces guitares stridentes rehaussées d’accords d’orgue hammond. Paulo touche là à la quintessence de la pop. C’est un concentré d’énergie rageuse clin d’œil aux débuts du chanteur. Et là, on comprend mieux comment, d’Oasis à Pulp, de Red Lorry Yellow Lorry à Blur, les différents avatars de Paul Weller ont influé de tous temps sur la production musicale britonne.

Paul Weller live

Si, par cas, vous ne connaissiez rien à la musique anglaise de 1977 à aujourd’hui, l’écoute assidue de ce Sonik Kicks vous en donnera le meilleur des aperçus. A présent, ferme ce blog et file écouter Paul Weller.

Le site officiel de Paul Weller.

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Bonus vidéo : Paul Weller « Around The Lake (live) »