La grève prend de l’ampleur à PSA. Mardi 29 janvier, au lendemain d’une réouverture du site d’Aulnay-sous-Bois après plus d’une semaine de lock-out, le nombre de grévistes a doublé et plus de 500 salariés sont partis en action. Ils ont retrouvé les Sanofi, les Virgin et les Licenci’Elles, entre autres, dans un cortège formé devant le Megastore des Champs-Elysées qui a fini devant l’Assemblée nationale, pour une première action en convergence publique. Ces convergences se sont exprimées au demeurant, la semaine passée, lors d’un meeting commun à Sciences Po. Mais pour PSA, l’information essentielle d’hier c’est que le plan social d’entreprise a été suspendu par la Cour d’appel, pour défaut d’information des instances représentatives du personnel de Faurecia, filiale de PSA.

Mélenchon avec les salariés en lutte le 29 janvier

Dans l’Humanité, on peut apprendre que les deux usines de garnissage d’intérieur de Faurecia sont particulièrement exposées par le plan de restructuration de PSA. Le site d’Auchel (Pas-de-Calais) est déjà fragilisé par l’expiration fin 2012 d’un contrat avec Volvo tandis que l’usine de Méru (Oise) est très dépendante du site d’assemblage d’Aulnay-sous-Bois, dont PSA a programmé la fermeture en 2014. Le Comité européen d’entreprise n’a pas été correctement informé, la Cour d’appel a donc constaté le vice de forme du plan social d’entreprise et suspendu le processus. La restructuration est donc retardée.

C’est une petite victoire qui donne du baume au cœur des camarades de PSA. Et qui donne de l’énergie pour poursuivre une lutte malgré les mauvais coups qui tombent comme à Gravelote. Il faut garder son calme quand on entend, chez Bourdin, Laurent Berger, nouveau patron de la CFDT, s’en prendre « aux méthodes de la CGT » – alors que la CFDT de PSA soutient la grève -, gardant en revanche un silence assourdissant et douloureux sur la violence de la direction de PSA. Je rappelle à toutes fins utiles : mercredi 16 et jeudi 17 janvier, la direction du constructeur automobile recourt à 200 intérimaires pour remplacer les grévistes, contre la loi. Lundi 28 janvier, jour de réouverture après près de 10 jours de lock out interdit par la loi, elle fait venir 200 cadres de Sochaux et du Mans pour imposer ses messages et mobilise une centaine de gros bras, dans sa grande tradition.

Mardi soir, j’ai appris que 4 militants CGT, très engagés dans la grève, ont reçu une convocation à un entretien préalable au licenciement avec mise à piedconservatoire à effet immédiat. Plus tôt, 5 autres syndicalistes avaient été convoqués devant la sûreté territoriale.Je cède la parole aux camarades de ma centrale syndicale :

Nous ne connaissons pas les faits reprochés. La CGT dénonce avec la plus grande fermeté cette escalade dans la politique de la direction qui vise à dénigrer les grévistes et ses militants pour tenter de l’isoler. La direction revient aux vieilles méthodes des années noires des années 1980 qui consistait à salir, à calomnier et à réprimer un mouvement de grève. Parmi ces 4 militants, figure Agathe Martin, mère de deux enfants qu’elle élève seule. En s’attaquant aussi violement à ces 4 militants, la direction s’attaque à tous les grévistes et au-delà à tous les salariés. Elle cherche par la répression à casser une grève qui ne cesse de se renforcer.

PSA à Paris 29 janvier

Je suis assez heureux de vous dire que, ce soir dès 19h30 à l’Usine du Front de Gauche aux Lilas, lors des vœux du Parti de Gauche en Seine-Saint-Denis, un salarié de PSA Aulnay viendra nous donner les dernières informations sur ce mouvement de grève exemplaire. Nous lui donnerons, pour transmission, le résultat de notre collecte de solidarité pour la caisse de grève. Vous aussi, vous pouvez donner là.

Enfin, pour vous tenir au courant, j’essaie de tenir à jour un storify sur la lutte des camarades de PSA. J’y place notamment les infos que je n’ai pas le temps de poser ici.

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Bonus vidéo : Red London « Revolution Times »